Politique économique
Changement de cap
Par L. KESSACI

Le plan d’action adopté récemment par le Parlement marque un changement radical dans la politique économique du gouvernement. Pour la première fois, la croissance, financée pendant de longues années par l’engagement de la dépense publique, sera assumée par les acteurs économiques. C’est là le résultat direct de la conjoncture financière difficile que traverse actuellement notre pays.

Le gouvernement n’a donc plus le choix. Les recettes des exportations pétrolières ont chuté presque de plus de moitié depuis juillet 2014, alors que les dépenses restent toujours élevées. Devant une telle situation, il apparaît clairement que les pouvoirs publics ne peuvent plus continuer à financer les projets d’investissements et à prendre en charge les besoins des populations. L’arbitrage a été fait de manière irrévocable. L’investissement est exclusivement l’affaire des opérateurs, l’Etat doit assumer désormais sa mission de régulation.

Cette réalité rappelée par le gouvernement de Tebboune sonne comme un bouleversement pour certains. Car le désengagement de l’Etat de la sphère économique aura des conséquences lourdes. D’abord, sur le plan des réflexes. Presque tout doit changer. Les opérateurs seront appelés à trouver de nouvelles sources de financement et à adopter un régime de travail alliant rapidité et efficacité. Ensuite, les administrations et toutes les institutions seront amenées à être au service des investisseurs afin de lever toutes les entraves. La raréfaction des ressources financières va impacter aussi des transformations à grande échelle et conduire à des réformes fondamentales, jusque-là évitées pour diverses considérations. La plus importante est celle annoncée par le Premier ministre, à savoir le ciblage des subventions en faveur des couches nécessiteuses.

Il y a lieu de rappeler que la politique de soutien des prix des produits de large consommation et différents services, ainsi que la gratuité des soins et de l’éducation mobilise plus de 30 milliards de dollars par an. Un engagement qui est devenu insupportable en tenant compte des nouveaux indicateurs économiques. Il va falloir revoir ce système en procédant à des changements graduels sans trop bousculer les choses. Cette nouvelle démarche est inéluctable pour permettre au pays de maintenir la dynamique de développement amorcée ces dix dernières années. L’assainissement des finances publiques, l’encouragement des investissements, la diversification de l’économie sont autant de défis à relever par l’Algérie dans les prochaines années. Et les conditions sont réunies pour réussir ce cap stratégique.


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