La crise économique s’aggrave : Le gouvernement mis à rude épreuve

Réforme. Le gouvernement compte revenir progressivement à la réalité des prix à travers un rééquilibrage tarifaire de la fourniture d'eau, de gaz, d'électricité ou de fioul, pour rapprocher le prix payé par les usagers du coût réel.

Jamais le gouvernement n’a été aussi préoccupé par la crise économique comme cette fois-ci. La persistance de la chute des prix du pétrole ces trois dernières années a bousculé les autorités publiques, amenées à s’engager dans de profondes réformes.

En effet, le nouveau Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a présenté une feuille de route qui reflète à bien des égards les enjeux de cette crise pétrolière qui a ébranlé le pays depuis juillet 2014. Le plan d'action de son gouvernement adopté fin juin dernier par les deux chambres du Parlement renferme des réformes courageuses, notamment celles portant sur les subventions et les transferts sociaux de l'Etat.

Le gouvernement promet de lancer une large concertation en vue de l'adaptation progressive de la politique des transferts sociaux et des subventions aux produits et services de base en fonction des capacités du pays. Cette réforme est dictée par la baisse conséquente des revenus de l’Etat tirés des exportations pétrolières. Elle est aussi mal répartie, profitant à tout le monde et parfois au détriment des plus nécessiteux. Ces transferts sociaux englobent les aides au logement, à la santé, à l'éducation, des subventions de produits alimentaires de base (semoule, lait, huile…) et de la fourniture d'eau et d'énergie. Elles représentent presque 25% du PIB, environ 30 milliards de dollars par an.

L’objectif du gouvernement est de mettre en place un dispositif modulé en fonction des revenus des bénéficiaires. Le système en question a été conçu avec l’aide de la Banque mondiale.

Le gouvernement compte aussi revenir progressivement à la réalité des prix à travers un rééquilibrage tarifaire de la fourniture d'eau, de gaz, d'électricité ou de fioul, pour rapprocher le prix payé par les usagers du coût réel. Sur ce plan, le Premier ministre a assuré que des tarifs appropriés aux ménages à bas revenus seront appliqués. Mais, ces réformes devront d’abord faire l’objet d’une large consultation avec les forces économiques et sociales du pays, afin d’éviter des tensions et des contestations.

L’enjeu de la maîtrise des dépenses

La maîtrise de la dépense publique figure aussi parmi les priorités du plan d’action du gouvernement. Le modèle de financement de la croissance sur la base de la mobilisation des finances publiques a atteint ses limites. Ce qu’a reconnu d’ailleurs M. Tebboune lors de la présentation de son programme aux parlementaires, se disant déterminé à développer «les secteurs productifs de richesse, de valeur ajoutée et d'emploi, gage de diversification de l'économie nationale fortement dépendante des hydrocarbures». La mutation vers un système de financement alternatif combinant les emprunts internationaux à titre bilatéral, des levées de fonds internes et des introductions en Bourse seront les nouveaux types de financement de l’économie nationale. Ce qui encourage ce système est le fait que les pouvoirs publics avaient mis en place toutes les infrastructures nécessaires pour l’émergence de notre économie. Il reste à développer le tissu industriel, le secteur agricole et le tourisme, domaines où l’initiative privée pourra prendre le relais en alliance avec les opérateurs publics et étrangers.

Afin d’encourager l’investissement et l’implication entière du privé, le gouvernement envisage d’améliorer considérablement le climat des affaires et de poursuivre les réformes du système bancaire. Le but est de capter des investissements directs étrangers pouvant assurer des transferts de technologie, créer des emplois et exporter. La réforme de l'administration, la lutte contre la bureaucratie et le phénomène de la corruption font partie de cette politique d’encouragement de l’investissement.

Le Premier ministre n’a pas manqué de soulever à ce propos la question de la moralisation de la vie publique en invitant à séparer le monde politique de celui des affaires. «Il n’y aura pas de collusion entre l’Etat et les hommes d’affaires», a-t-il souligné. La consolidation de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, à travers le renforcement des libertés et la démocratie, sont le socle de la politique gouvernementale.

S’engageant à ne pas remettre en cause le système national de sécurité sociale et de retraite, le gouvernement de Tebboune est appelé à concrétiser l’ensemble de ses réformes et atténuer les effets de la crise, sachant que les potentialités ne manquent pas pour y parvenir.

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