Importation de céréales : L'Algérie toujours sur le podium

Déficit. Finalement, la récolte exceptionnelle de céréales de la campagne agricole de 2008-2009 n’était que l'arbre qui cachait la forêt. On avait même qualifié ce record de production d'évènement économique de l’année, plus de 61 millions de quintaux de céréales, du jamais vu depuis l’indépendance de l’Algérie.

A l'époque, les responsables du secteur de l'agriculture criaient sur tous les toits que l'autosuffisance en ces produits alimentaires stratégiques n'était plus une chimère, mais une réalité. Le dogme de l'importation des céréales était brisé ; alors, on s'est mis à rêver d'un nouvel âge d'or de l'agriculture algérienne, comme du temps où l'Algérie était le grenier à blé de Rome. Du coup, on s'est même permis le luxe d'exporter de l’orge, une première depuis 40 ans.

La facture salée déboursée par notre pays pour s’approvisionner en céréales sur les marchés extérieurs n’est un secret pour personne. D’après la carte mondiale 2017-2018 des importateurs/exportateurs de blé qui vient d’être récemment publiée par le cabinet américain ArgoChart, éditeur spécialisé de statistiques mondiales d’importations et exportations de blé, la nouvelle carte donne une vue d’ensemble sur les prévisions mondiales de production, d’importation et d’exportation du blé durant la campagne céréalière 2017-2018. Du reste, on retrouve à la tête des gros importateurs une nouvelle fois l’Egypte, un des pays grands consommateurs de blé qui a importé cette année 12 millions de tonnes (MT) de blé, suivie de l’Indonésie avec un volume de 9,5 MT et de l’Algérie (8 MT) en troisième place.

A la faveur de l'abondance des stocks mondiaux

Ceci étant, selon les données du Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis) des Douanes algériennes, les quantités de céréales importées en 2016 (blés, orge et maïs) par l’Algérie ont enregistré une baisse de 3,3% pour l’année 2016 (soit 13,22 millions de tonnes) par rapport à l’année 2015 (13,67 millions de tonnes). Quant à la valeur des importations, cette dernière a baissé à 2,7 milliards de dollars en 2016, contre 3,43 milliards de dollars en 2015 (soit –20,9%). La raison principale de cette réduction des volumes importés n’est autre que la chute de l’indice des prix des céréales sur le marché mondial à la faveur de l'abondance des stocks mondiaux et des perspectives favorables concernant les disponibilités à l'exportation dans la région de la mer Noire, comme l’a si bien souligné l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). C’est en fait le principe de l’offre et de la demande qui est respecté à la lettre. Les prix des principaux produits végétaux et animaux, y compris les produits halieutiques et aquacoles, ont tous baissé depuis 2015, ce qui indique que la période pendant laquelle les prix sont restés élevés est vraisemblablement terminée. Selon une étude réalisée conjointement par la FAO et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cette tendance baissière des prix s’explique par les principaux facteurs, à savoir «la forte croissance de l’offre plusieurs années durant, le fléchissement de la progression de la demande dû à la crise économique globale, la baisse des prix du pétrole et la poursuite de l’accumulation de stocks déjà abondants».

Le rapport détaillant les conclusions de cette étude intitulée «Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2016-2025» note aussi que sur la période de dix ans couverts par l’étude, «la croissance de la demande de produits alimentaires devrait peu à peu décélérer, en raison du ralentissement de l’accroissement de la population mondiale et du tassement de l’augmentation des revenus dans les économies émergentes».

Un déficit chronique en matière de production de céréales

Tout d’abord, il faut reconnaître que la filière des céréales en Algérie a toujours été confrontée à un obstacle naturel de taille, à savoir l’aridité du climat, d’où une pluviosité très déficitaire par rapport aux besoins annuels de la plante, surtout pour le blé tendre et le blé dur. De plus, la culture du blé, notamment, est souvent conduite en mode pluvial, ce qui handicape généralement et le rendement et la production.

Dans ce cadre, notons qu’une superficie de 200.000 hectares de terres emblavées en céréales est actuellement concernée par le système d’irrigation d’appoint, alors que le ministère de l’Agriculture ambitionne d’atteindre les 600.000 hectares irrigués par le même système à l’échéance 2019.

Plus qu’un défi…

Les autres paramètres de cette défaillance sont la mauvaise conduite des cultures de céréales, qui sont identifiés depuis plusieurs années, à l’image de la gestion des deux campagnes de labours-semailles et de moissons-battages, la fertilisation et la protection phytosanitaires des végétaux et la mauvaise qualité des semences. Tous ces ingrédients font que le producteur céréalier n’arrive pas à maîtriser le processus de production. D’ailleurs, la moyenne nationale pour la décennie 2000/2017 tourne autour de 35 millions de quintaux pour un rendement qui n’a guère évolué, qui est de l’ordre de 17 q/ha. Sous d’autres cieux, ce même chiffre peut atteindre des sommets. Par exemple, cet agriculteur en Nouvelle-Zélande qui vient de battre un record du monde en rendement de blé, puisque avec presque 168 quintaux à l’hectare (plus précisément 167,91), il vient de battre l'ancien record détenu par un Anglais.

Quelle stratégie pour l’amélioration de la situation actuelle ?

Comment repenser la politique nationale d’intensification de la production céréalière en Algérie ? C’est l’équation de l’heure. Tous les acteurs de la filière céréaliculture doivent à travers un examen approfondi trouver des solutions à court, moyen et long terme. L'importance des produits céréaliers dans la vie quotidienne de la population, le poids de ce secteur dans les dépenses engagées des importations et son impact sur la sécurité alimentaire de l’Algérie, ne sont plus à démontrer.

La déconnexion de l'industrie céréalière de la sphère de production locale est un point essentiel à revoir pour faire évoluer la production, les rendements et le taux d'autosuffisance en ces denrées alimentaires de première nécessité. La triste réalité d’aujourd’hui est que la production céréalière connaît, hélas, une maigre croissance, comparativement à la consommation qui a fortement augmenté sous l'effet de la croissance démographique et des subventions accordées par l'Etat pour maintenir un prix à la consommation à la portée de tous.

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