Situation financière et économique du pays : Les chiffres inquiétants du gouvernement

Inquiètude. L’année 2017 sera clôturée avec des difficultés réelles, tandis que l’année 2018 s’annonce plus complexe encore, selon le Premier ministre. Le gouvernement craint une incapacité à assurer la dépense publique et la perte de souveraineté économique. Dans ce contexte, le recours massif à l’endettement extérieur n’est pas exclu. Cette solution entraînera évidemment le recours aux institutions financières internationales en contrepartie de mesures économiques et sociales draconiennes à appliquer.

Lors de son passage à l’Assemblée nationale populaire (APN), à l’occasion de la présentation de son plan d’action, le Premier ministre a décliné des chiffres inquiétants sur la situation financière du pays. En effet, Ahmed Ouyahia a fourni des indications peu rassurantes sur la situation financière, les risques qu’elle véhicule et les moyens qu’il faudrait engager. A ce propos, il précise que l’Algérie enregistre un important déficit commercial. Il a été de plus de 20 milliards de dollars en 2016.

Le déficit continu de la balance des paiements n’est pas en reste. Il est de plus de 25 milliards de dollars, à fin 2016. Sur le plan extérieur, l’Algérie demeure, selon Ahmed Ouyahia, économiquement souveraine grâce aux réserves de change accumulées durant les années passées. Cependant, ces réserves de change reculent sans cesse, passant de 193 milliards de dollars en mai 2014 à 103 milliards de dollars en septembre 2017. Les réserves en or sont estimées, quant à elles, à 6 milliards de dollars.

L’état des finances publiques est également préoccupant. Il a été enregistré un recul de la fiscalité pétrolière générant des déficits budgétaires et la consommation de la totalité de l’épargne du Trésor qui était logée au Fonds de régulation des recettes (FRR) en février 2017. Ceci a conduit le Trésor à avoir recours à d’autres ressources complémentaires, ces deux dernières années, notamment l’emprunt obligataire national et un emprunt extérieur auprès de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’équivalent de 1 milliard de dollars.

L’année 2017 sera clôturée avec des difficultés réelles, tandis que l’année 2018 s’annonce plus complexe encore, selon le Premier ministre.

Le gouvernement craint une incapacité à assurer la dépense publique et la perte de souveraineté économique. Dans ce contexte, le recours massif à l’endettement extérieur n’est pas exclu. Cette solution entraînera évidemment le recours aux institutions financières internationales en contrepartie de mesures économiques et sociales draconiennes à appliquer. L’Algérie a déjà vécu cette situation dans les années quatre-vingt-dix avec des conséquences dramatiques sur le plan de l’emploi et du pouvoir d’achat. Pour éviter ces scénarios catastrophiques, le gouvernement se prépare à promouvoir, à titre exceptionnel, les financements internes non conventionnels. Le gouvernement s’engage aussi dans la réforme de l’administration fiscale pour améliorer les recouvrements, la mise en place d’une gestion pluriannuelle du budget de l’Etat ainsi que la rationalisation des dépenses publiques, en limitant les dépenses de fonctionnement.

La réforme de la politique des subventions publiques et le ciblage du soutien de l’Etat font partie également des instruments de riposte à la crise financière actuelle.

Selon un rapport de suivi de la situation économique datant d’avril 2017, la Banque mondiale (BM) prévoit à moyen terme «une forte baisse de la croissance ainsi que des déficits jumeaux sous l’effet de l’assainissement des finances publiques mis en oeuvre par le gouvernement». Quant au rythme de l’activité économique, elle devrait ralentir à moyen terme.

Le taux de croissance du PIB réel devrait atteindre, en moyenne, 1,2%, durant la période 2017-2019. La révision à la baisse des projections de la croissance par rapport aux projections de l’automne 2016 est due à l’annonce de l’assainissement des finances publiques et au ralentissement de la croissance de la production d’hydrocarbures. Durant la période 2017-2019, un faible accroissement (2,5%) de la production d’hydrocarbures, dû à l’entrée en production de nouveaux puits et à une correction positive des cours du pétrole, atténuera les répercussions négatives sur les secteurs réels hors pétrole, des mesures de rééquilibrage des finances publiques et du compte courant.

Le déficit budgétaire tombera à un niveau inférieur à 5% en 2017, pour atteindre 1% en 2019, selon les estimations, à condition que les pouvoirs publics continuent résolument dans leur politique de maîtrise des dépenses.

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