Recours à la finance islamique : Les banques doivent être plus dynamiques

Hallal. En cette période de crise, l’économie hallal cherche à se faire une place, et pour certains observateurs, le moment est opportun pour laisser la finance islamique s’exprimer. L’adoption de la finance islamique par certaines banques européennes a été un succès.

Selon les médias, en 2014, l’Italie a vu les opérations d’investissement liées à la finance islamique multipliées par deux. La même année, le Luxembourg a émis des obligations conformes aux principes de la finance islamique (sukuk) et destinées à des investisseurs institutionnels mondiaux. De son côté, la Grande-Bretagne était devenue le premier pays non musulman à émettre ce type de titres pour un montant de 200 millions de livres, avec pour ambition de devenir la plaque tournante de la finance islamique en Occident. A la fin de 2013, les sukuk représentaient un quart du marché obligataire mondial (270 milliards de dollars, selon le FMI).

Tous ces résultats ont poussé les pays, surtout ceux en crise financière, à adopter ce type de financement. Dans certains pays musulmans, comme la Malaisie, les émissions des sukuk ont servi à financer des infrastructures aéroportuaires, routières et portuaires. Pour l’Algérie, l’idée d’adopter ce type de financement a été lancée en 2015, lorsque Abderrahmane Benkhalfa était ministre des Finances. Le Premier Ministre, Ahmed Ouyahia, vient d’affirmer que la finance islamique sera opérationnelle dès 2018 avec l’application de la loi de finances. Mais la question que se posent beaucoup de spécialistes : est-ce que nos banques sont capables de faire aboutir ce type de financement? Pour le développement de ce produit en Algérie, au-delà des emprunts obligataires étatiques, il faut mettre à jour le code de commerce pour ajouter les sukuk à la panoplie des valeurs mobilières échangeables sur le marché, selon les professionnels. Certains estiment que pour que les banques réussissent le recours au sakk, il faut qu’elles permettent de financer des projets, plutôt que de voir l’argent aller dans leurs coffres. Au lieu que l’argent soit simplement déposé dans les banques, pour se mettre en conformité, il faut qu’il aille financer des projets sous une forme aussi corrélée à la finance islamique. Selon d’autres, au moins un tiers de l’informel en Algérie est susceptible d’aller vers la finance islamique. Le recours à la finance islamique et la mise sur le marché financier de «produits bancaires hallal» va permettre au gouvernement, donc, de récupérer une bonne partie de l’argent qui circule dans les circuits informels et dont les détenteurs évitent les circuits formels à cause de ce qu’ils appellent «riba» (usure), considérée illicite en islam.

Les experts estiment également que la réglementation n’a jamais été un frein pour la finance islamique en Algérie, mais un cadre légal favoriserait son développement. Les institutions financières doivent être donc plus dynamiques et plus agressives sur le marché, ce qui permet aux produits financiers islamiques de se développer. Aussi, la mise en place d’un dispositif prudentiel et le risque de surtaxation des opérations islamiques ainsi que leur conformité à la charia sont aussi des défis auxquels la finance islamique doit faire face.

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