Transition vers l’économie verte : L’Algérie est-elle «un mauvais élève» ?

Echec. Dans notre pays, force est de constater que l’économie verte demeure très sous-exploitée, nonobstant les opportunités qui existent. Elles peuvent ouvrir la voie à la création d’environ 1,4 million d’emplois à l’horizon 2025, selon certains experts en la matière.

Le vocable «économie verte» a réellement gagné sa place dans le langage des écologistes et des politiques dans le monde grâce au Programme des Nations unies pour l’environnement de 2008, lequel visait «une économie porteuse d’amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources».

Reproduite presque mot pour mot dans son nouveau rapport d’ensemble de décembre 2011, qui servit de base aux préparatifs du Sommet de Rio 2012, on peut considérer cette définition comme la plus aboutie et exhaustive par son étroite parenté avec le concept de développement durable tel qu’il s’est forgé depuis 1985, tout en cherchant probablement à faire usage d’une sémantique plus communicante. Elle permute opportunément (dans son contexte historique) l’ordre d’énonciation des trois volets du triptyque économique/social/écologique sans paraître n’en négliger aucun ; mais rien n’écarte non plus le risque d’interprétations minimales, comme cela s’est abondamment produit pour le développement durable.

S’agissant du contexte économie algérien, qui obéit à un schéma focalisé principalement sur la rente liée à l’exportation des hydrocarbures, il est de l’intérêt des pouvoirs publics de réorienter le modèle économique actuel, par le recours à l’alternative de l’économie verte. Certes, depuis quelques années, des politiques et certains défenseurs du développement durable ressassent à qui veut les entendre que le recours de l’Algérie aux énergies renouvelables est devenu une option irréversible. La plus récente déclaration nous vient de la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Mme Fatma-Zohra Zerouati.

Quid de l’économie verte en Algérie ?
Dans notre pays, force est de constater que l’économie verte demeure très sous-exploitée, nonobstant les opportunités qui existent. Elles peuvent ouvrir la voie à la création d’environ 1,4 million d’emplois à l’horizon 2025, selon certains experts en la matière. C’est l’avis aussi de Mme Lotfia Harbi, consultante dans le développement stratégique et le développement durable, qui a animé une conférence au Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) sur le thème en question en octobre 2015 à Alger. D’après ses explications, la verdisation de l’économie nationale ne peut se réaliser que par l’encouragement d’une politique basée sur l’entreprenariat durable vert et une rationalisation de l’économie.

«La rationalisation de l’économie permettra à l’Europe de générer 1.800 milliards d’euros d’ici à 2025, selon des études réalisées par le bureau d’études McKenzie», a-t-elle fait savoir. Elle a également mis en relief la nécessité d’accorder la priorité à deux secteurs très porteurs, à savoir les énergies renouvelables et la gestion des déchets. Du reste, la consommation énergétique des consommateurs Algériens est issue pour 99,99% des énergies fossiles non renouvelables et le programme de transition énergétique mis en place par l’Etat dans son plan quinquennal 2014-2019 prévoit d’augmenter l’utilisation des énergies issues de l’énergie verte à 40% d’ici à 2025.

Au chapitre des investissements dans l’environnement en général, les chiffres officiels présentés par la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables indiquent que plus de 2 milliards de dollars ont été dépensés ces quinze dernières années. Toutefois, si l’on se réfère aux nombreuses études et autres rapports faits par des institutions internationales ou même nationales, on ne peut guère affirmer que la situation est satisfaisante, pour ne pas dire un échec, notamment en matière d’éco-activités (des biens et des services : assainissements des eaux, dépollution, gestion des déchets), ainsi que des activités périphériques, comme l’architecture intelligente, le transport durable, les fabrications industrielles respectueuses de l’environnement…

Les experts très pessimistes
Si l’on considère que Ies EnR sont un instrument de la croissance verte, en Algérie, le constat dans le développement d’abord des énergies renouvelables reste en deçà des attentes des écologistes. Du coup, on ne peut pas parler d’émergence d’une économie verte sans l’existence de matériels ou d’outils sur lesquels s’appuient les porteurs de projets en relation directe avec le segment. Pour preuve, à la faveur de l’organisation des différents panels organisés dans le cadre de la récente conférence-exposition sur la transition énergétique, des ex-hauts responsables du secteur de l’énergie ont émis des constats négatifs sur le bilan du secteur des EnR dans notre pays. Autrement dit, c’est un véritable échec, si l’on croit les diverses opinions des conférenciers, à l’image de l’ex-ministre et ex-PDG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, qui n’est pas allé par tente six chemins pour reconnaître que l’Algérie a accusé un énorme retard dans sa stratégie de promotion des énergies renouvelables.

D’ailleurs, il a constaté que concernant l’année 2017, cette dernière a été une année blanche dans le domaine de la réalisation des énergies renouvelables. Toutefois, la réaction du ministre de l’Energie aux affirmations de l’ex-ministre et ex-PDG de Sonatrach ne s’est pas fait attendre. Le véritable problème dans cette affaire de développement des énergies renouvelables demeure celui d’une mauvaise stratégie de communication sur la question.

Allant dans le même sens, M. Guitouni indiquera que l’avenir sera florissant après le lancement dans les plus brefs délais d’un appel d’offres ouvert aux investisseurs nationaux et étrangers pour la réalisation de grandes capacités de production d’électricité renouvelable. Il s’agit de la fourniture de quantités annuelles d’électricité d’origine renouvelable comprises entre 10 à 20 DWh par site. Et des offres de capacités de moins de 12 MW pas site pour les installations de cogénération.

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