Energies renouvelables en Algérie : En deçà des potentialités

Projets. Face à la croissance de la consommation nationale et à l’épuisement des réserves fossiles, le recours aux énergies renouvelables est inévitable. Les pouvoirs publics ont mis en place toute une politique visant à développer la transition énergétique, en fixant des objectifs précis.

Un projet de réalisation de 200 mégawatts d’énergies renouvelables sera bientôt soumis au gouvernement afin de donner un nouvel élan au programme national. C’est ce qu’a indiqué récemment le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, assurant que les autorités demeurent déterminées à concrétiser les objectifs tracés dans ce secteur.

L’Etat s’est lancé, rappelons-le, le défi d’atteindre, à l’horizon 2030, une part de renouvelable de près de 27% dans le bilan national de production d’électricité. Le programme national des énergies nouvelles et renouvelables a été lancé pour contribuer à accroître la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie et à l’industrialisation du pays à travers le développement des capacités technologiques et la fabrication des équipements requis par ce programme. Les pouvoirs publics s’inscrivent dans une nouvelle dynamique qui encourage les projets relatifs aux énergies renouvelables. Il y va désormais de la sécurité énergétique de notre pays.

Les acteurs publics et privés sont donc appelés à créer une véritable filière, de construire le marché des énergies renouvelables autour des acteurs locaux et étrangers, des technologies, du financement et des marchés cibles.

Il est question dans la nouvelle politique de développement des énergies renouvelables de la hausse des capacités de production à partir de sources renouvelables, en les portant à 22.000 MW, au lieu de 12.000 MW, comme arrêté dans le cadre du précédent programme. Les filières solaires photovoltaïques et éoliennes sont particulièrement prioritaires.

En matière de potentialités, le sud du pays est un important gisement avec la disponibilité des espaces et de l’important potentiel solaire et éolien. Les régions des Hauts-Plateaux possèdent également un potentiel d’ensoleillement et de vent, alors que les régions du littoral offrent la disponibilité, notamment avec l’exploitation de tous les espaces possibles, tels que les toitures et terrasses des bâtiments.

Il faut souligner que la réalisation du programme national est ouverte aux investisseurs publics et privés nationaux et étrangers. L’Etat apporte son soutien à la mise en oeuvre de ce programme notamment à travers le Fonds national des énergies renouvelables et cogénération (FNERC), alimenté par un prélèvement de 1% de la redevance pétrolière.

Un mécanisme d’encouragement basé sur les tarifs d’achat garantis est mis en place par la réglementation. Ainsi, le producteur d’énergie renouvelable bénéficie de tarifs d’achat qui sont garantis pour une durée de 20 ans pour les installations en photovoltaïque et en éolien. Les filières ne bénéficiant pas des tarifs d’achat garantis seront financées par le FNERC à hauteur de 50% à 90% du coût de l’investissement, selon la technologie et la filière retenues.

Pour les autorités publiques, les retombées de ce programme seront très significatives en termes de création d’emploi, d’industrialisation, de développement technologique et d’acquisition de savoir-faire, contribuant ainsi à la croissance et à la modernisation économique du pays ainsi qu’à la préservation de l’environnement.

Des avancées, mais…
Il faut reconnaître, toutefois, que depuis l’adoption du programme national de développement des énergies renouvelables en 2012, il a été constaté une faible production d’énergie à base de sources renouvelables. On compte ainsi, selon les donnés du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), au moins 22 centrales photovoltaïques d'une puissance totale de 350 MWc déjà réalisées dans le Sud et dans les Hauts-Plateaux, mises en service depuis l’année 2015. Parmi elles, il existe une centrale solaire photovoltaïque (PV) multi-technologique pilote de 1,1 MW mise en service à Ghardaïa et d’une centrale éolienne de 10 MW à Adrar. Ces réalisations viennent s’ajouter à la centrale hybride solaire-gaz de 150 MW à Hassi R’mel. Globalement, les réalisations de centrales restent minimes par rapport aux capacités et potentialités existantes. L’installation de kits solaires pour l’électrification et autres usages n’est pas en reste.

Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a entamé l’installation de kits solaires pour l’électrification et le pompage d’eau dans les Hauts-Plateaux et les sites isolés, dans le cadre du programme du génie rural.

Sur le volet identification des gisements du renouvelable en Algérie, le CDER a publié fin 2013 le premier Atlas solaire algérien fait par les chercheurs algériens couvrant les 48 wilayas. Le CDER a également publié des cartes du vent pour identifier les zones ventées éligibles à l’implantation des fermes éoliennes. Un premier Atlas des sources géothermales est en cours d’élaboration par les chercheurs du CDER.

Quant à l’implication des acteurs industriels dans ce secteur, on peut citer l’expérience de l’entreprise Condor Electronics qui a créé une unité de production de panneaux photovoltaïques d’une capacité annuelle de 50 MW. L’entreprise nationale de l’industrie électronique (Enie) a aussi investi dans ce domaine en lançant en 2015 une chaîne d’encapsulation de panneaux solaires photovoltaïques avec une capacité de production annuelle de 5 à 10 MW. Une société mixte, baptisée «Aurès Solaire» et détenue par un privé algérien et le groupe français Vincent Industrie, conformément à la règle 51/49 sur l’investissement étranger, a commencé la production de panneaux solaires photovoltaïques avec une capacité annuelle de 25 MW. Bien d'autres entreprises privées ont manifesté leur intérêt à investir dans cette filière.

La compagnie nationale Sonatrach veut aussi s’impliquer dans ce programme national du renouvelable. Récemment, elle a signé un accord avec le groupe italien ENI. Il s’agit d’un mémorandum d’entente sur les énergies renouvelables paraphé en présence du PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, et du PDG d'ENI, Claudio Descalzi.

Ce mémorandum d’entente a pour objectif d'identifier, dans les Brownfield de Sonatrach, les sites potentiels pour la réalisation d’unités de production d’énergie solaire, de réaliser des études de faisabilité, une fois les sites sélectionnés, et d'élaborer un business model pour le développement des projets identifiés, explique la même source. Partant de ce constat, les chefs d’entreprises membres du FCE ont décidé de contribuer à la réalisation de ce programme avec le soutien de Sonatrach et des autorités publiques.

Une importante conférence-exposition a été organisée du 17 au 19 janvier dernier au Palais des expositions, aux Pins-Maritimes. Cette manifestation a réuni plus de 1.400 participants intéressés par ces nouvelles énergies. Rehaussé par la présence de quatre ministres (le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, le ministre des Finances, Abderrahmane Rayoua, le ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, et la ministre de l'Environnement et des Energies renouvelables, Madame Fatima-Zohra Zerouati), cet événement devra donner un nouvel élan à ce secteur hautement stratégique.

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