Projet «Alger Smart City» : Le miracle peut-il se produire ?

Réalité ? Alger future ville intelligente ou Alger Smart City, un rêve qui d’après les autorités de la wilaya d’Alger va devenir une réalité dans les prochaines années, sans préciser une quelconque échéance. Et pour cause, le défi est immense pour le wali Abdelkader Zoukh et ses collaborateurs, à commencer par la nomination de Madame Smart City, en l’occurrence Fatiha Slimani.

Décidément, les décideurs, après avoir longtemps tergiversé sur le modèle de création de la nouvelle capitale de l’Algérie, dont le fameux projet de Boughezoul, dans la wilaya de Médéa, ces derniers se sont ravisés, avant de le mettre en veilleuse et recentrer tous leurs efforts sur le concept du projet «Alger Smart City» ou ville intelligente.

Concrétisation du projet
Le mérite de l’émergence du concept de ville intelligente appliqué à la ville d’Alger revient à l’ex-Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, puisque, dans son plan d’action du gouvernement de l’époque, il avait prévu explicitement l'intégration de la notion de ville intelligente dans les projets de réalisation des villes nouvelles et des nouveaux pôles urbains, nonobstant que cette approche technologique est inscrite dans le plan stratégique d’Alger 2009/2035. Depuis, les responsables des institutions publiques ont entamé la préparation du projet en organisant plusieurs séminaires et colloques dans le but de lancer les premiers jalons de mise en place du projet. Il s’agit de prendre en charge intelligemment tous les aspects qui ont une relation étroite avec le numérique et la gouvernance, l’urbanisme et la mobilité, la gestion des ressources et les infrastructures, l’innovation et la croissance économique, pour ne citer que ces chapitres, en recourant principalement à l’usage des technologies de l'information et de la communication (TIC) pour améliorer la qualité des services, notamment urbains. En tirant parti des nombreuses expériences de Smart Cities dans le monde, ainsi que de son analyse spécifique par rapport à ses propres objectifs, priorités et contraintes, Alger est en train de définir son plan d'exécution dans ce domaine en mettant l'accent sur son propre programme optimal pour ses citoyens. Aussi, toutes les compétentes en la matière sont mises à contribution afin de mettre en branle les premières phases du plan d'évolution de Smart City et d'établir un laboratoire technologique qui servira de lieu d'expérimentation des solutions potentiellement déployées dans la Smart City.

L'accent est mis sur la mise en valeur et la validation des solutions appropriées, dans des environnements expérimentaux. Ils envisagent également de lancer et de progressivement déployer des solutions Smart City sélectionnées. Selon la feuille de route qui a été établie dans ce sens, la planification de cette initiative a été entamée le 1er juin 2017 par l’envoi de l’appel à partenariat aux différents acteurs de la Smart City jusqu’à l’exécution du plan d'action concret au courant du premier trimestre 2018, lequel avait été défini au cours du quatrième trimestre 2017.

La diaspora algérienne mise à contribution
Ils sont plus d’une centaine de chercheurs de la communauté algérienne résidant à l’étranger activant dans d’importantes entreprises de haute technologie dans le monde à avoir répondu favorablement à l’appel du pays pour contribuer chacun dans sa spécialité dans le cadre du projet. D’après des déclarations de la responsable du projet Alger Smart City à la wilaya d’Alger, ces scientifiques possèdent des capacités très avérées sur le plan international dans le domaine de la création de ce genre de chantier. Et pour cause, ces derniers ont lancé des innovations technologiques partout sur la planète, ce qui leur a permis de décrocher plusieurs brevets, à l’image du professeur Riad Hartani qui fait partie de ces jeunes scientifiques qui sont revenus au bercail pour coopérer à la réussite de cette gigantesque tâche. Diplômé de l’Ecole nationale polytechnique, Riad Hartani a réussi à créer un incubateur (endroit où se développent les startups) à la Silicon Valley (Etats-Unis).

En outre, Il a participé à la mise en oeuvre de la ville intelligente de Séoul. Il occupe actuellement le poste de consultant à la wilaya d’Alger, selon la chargée des investissements de la wilaya. Parallèlement, Alger a commencé ces dernières semaines l’exécution de certaines étapes dans sa stratégie Smart City, marquée par le coup d'envoi du projet de système de régulation du trafic routier et des feux tricolores intelligents au niveau de la commune de Belouizdad, au titre d'un projet pilote de gestion centralisée du trafic routier assuré par une joint-venture algéro-espagnole dans le cadre d'une série de projets visant à moderniser la wilaya d'Alger.

«La réalisation d'un système intelligent de gestion dynamique du transport urbain vise à faciliter le trafic routier à Alger», a expliqué le wali d’Alger, ajoutant que «ce système procèdera en premier lieu à la collecte de données concernant la fluidité du trafic routier au niveau d'un centre spécialisé à Kouba à travers les caméras de surveillance et des puces magnétiques pour que ces données soient ensuite analysées en vue de trouver les solutions idoines». Pour rappel, en mai 2017, plusieurs conventions ont été signées dans le cadre de la transformation de la capitale en ville intelligente. Il s’agit, entre autres, d’une convention entre la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) et la startup Aquasafe qui a développé un dispositif permettant de contrôler la qualité des eaux usées déversées par les usines.

Une autre convention conclue entre les deux startups KBM et AFind concerne, quant à elle, la conception de systèmes et plateformes informatiques pour améliorer le système de santé à Alger. Autres objectifs à atteindre, le lancement des prestations innovantes, telles que le self-service au sein des services administratifs à travers des bornes automatisées de distribution de documents administratifs et les prestations à distance utilisant les procédés de certification et de signature électroniques. Du reste, il est question de mettre en service le projet «e-commune», dont la totalité de son périmètre de gestion sera informatisé.

La commune sera la cellule de base du projet de l'administration électronique. Ce projet s'appuiera sur l'interconnexion de la commune à tous ses services et partenaires à travers des systèmes d'information intégrés. Il sera à la base d'un écosystème favorable à l'innovation et à la réalisation de «l'e-administration» dans un schéma intersectoriel global.

Sommet mondial sur la technologie et l'investissement des villes intelligentes
Dans le cadre d’une meilleure maîtrise du concept de Smart City, Alger se prépare à accueillir du 27 au 28 juin prochain le Sommet mondial sur la technologie et l'investissement des villes intelligentes. Le principal objectif de l’organisation de ce premier évènement planétaire, c’est de mettre en lumière les stratégies mondiales et régionales de croissance des villes intelligentes axées sur l'Afrique et les marchés émergents. Le programme de ce dernier est scindé en deux parties du point de vue organisationnel, l’une concernant un sommet mondial proprement dit de leadership de deux jours, et l’autre, une exposition commerciale. Le wali d'Alger, Abdelkader Zoukh, avait déclaré : «En plus de nous donner l'opportunité d'accueillir d'autres représentants des gouvernements internationaux, leaders technologiques, dirigeants d'entreprises et investisseurs dans notre ville, nous souhaitons stimuler de nouveaux partenariats internationaux et l'échange de connaissances sur la ville durable.»

«La technologie offre une formidable opportunité d'améliorer la vie de tous nos citoyens grâce à des investissements intelligents et connectés dans l'infrastructure et les services. Nous sommes déterminés à mobiliser cette force pour stimuler la croissance de notre ville et d'autres dans la région et dans le monde», a-t-il ajouté. Le sommet réunira plus de 4.000 délégués, y compris des maires, des ministres, des investisseurs dans les villes intelligentes et des PDG des secteurs des télécommunications, de la technologie, des infrastructures, des finances, de l'énergie et de la sécurité. Le rôle du gouvernement dans la stimulation des nouvelles technologies et des investissements dans les villes intelligentes sera au coeur des priorités de l'événement, avec huit thèmes d'investissement dans les villes intelligentes comprenant plus de 50 sessions : infrastructure informatique et télécoms, données et technologies, finances et économie, gouvernance et partenariats, sûreté et sécurité, mobilité, durabilité et société.

Le projet Smart City d'Alger sera également au centre de l'événement. «Le projet Smart City d'Alger s'est focalisé sur l'élaboration d'une stratégie d'exécution pragmatique qui combine les meilleures synergies en termes de startups technologiques, de partenariats industriels et gouvernementaux et l'effet de levier des technologies leapfrog», commente le docteur Riad Hartani. «Ceci est potentiellement considéré comme un modèle qui pourrait fournir une base de référence pour les villes des marchés émergents en particulier.».

La Smart City Alger accueillera le «Smart Cities Global Technology & Investment Summit», l’occasion de présenter les dernières nouveautés en technologies et stratégies d’investissement. L’inauguration du Smart Cities Global Technology & Investment Summit 2018 (www.smartcityalgiers. com), qui aura lieu au CIC (Centre international des conférences), à Alger, sera l’occasion d’échanger sur les opportunités de développement et de partenariat de Smart Cities, avec un focus sur l’Afrique et les pays émergents. Organisé sous le patronage de Son Excellence, Abdelaziz Bouteflika, président de la République, et en partenariat avec TMT Finance (www.tmtfinance.com), c’est le rendez-vous international du secteur avec deux jours d’information et d’échanges.

Cependant, le wali d’Alger n’a pas manqué de souligner : «Nous sommes très honorés d’accueillir un événement aussi important que le Smart Cities Global Technology & Investment Summit à Alger en juin prochain. Nous sommes également ravis de recevoir des personnes venant du monde entier : représentants de gouvernement, leaders du secteur technologique, dirigeants d’entreprises et investisseurs. Notre but est de favoriser la mise en place de partenariats internationaux et l’échange de connaissances en matière de développement de villes durables et d’investissement high-tech.

La technologie nous offre la possibilité d’améliorer la vie de nos concitoyens grâce à des investissements intelligents et connectés au sein même des infrastructures et services du pays. Nous sommes déterminés à mobiliser cette force afin d’accélérer la croissance économique de notre ville, de la région et d’ailleurs.» Selon les organisateurs de l’évènement, le Smart Cities Global Summit et le Salon professionnel accueilleront plus de 4.000 visiteurs, parmi eux des maires de villes d’envergure internationale, des ministres, des leaders dans l’investissement de Smart City, des dirigeants des secteurs des télécommunications, technologie, infrastructure, finance, énergie, sécurité et bien d’autres encore. Le rôle du gouvernement dans la stimulation des investissements dans les nouvelles technologies et les Smart Cities sera un point clé de l’ordre du jour, abordé lors de plus de 50 sessions et réparti en huit thèmes : IT, infrastructure et télécommunications ; data et technologies ; économie et finance ; gouvernance et partenariat ; sécurité et sûreté ; mobilité ; société et développement durable.

D’autres conférences seront dédiées aux opportunités d’investissement dans les nouvelles technologies. Compte tenu de leur importance stratégique dans le succès des projets de Smart City dans les pays émergents, deux thèmes en particulier seront mis en lumière : le développement d’écosystèmes de startups et d’innovation et la valorisation de la diaspora ou la stratégie d’inversion de la fuite des cerveaux comme outil de développement rapide en termes de technologie et d’innovation, ont encore rapporté les initiateurs du Smart Cities Global Technology & Investment Summit 2018.

Partager cet article

Rédaction et Administration

Lot. Ben Achour Abdelkader Villa n° 27. Chéraga - ALGER

 

Tél. : 213 (0) 21 37.29.63 / 213 (0) 21 36.38.73
Fax : 213 (0) 21 37.58.58

 

redac@actuel-dz.com
l.actuel@gmail.com

Régie Publicitaire et Abonnements

Lot. Ben Achour Abdelkader Villa n° 27. Chéraga - ALGER

 

Tél. : 213 (0) 21 37.29.63 / 213 (0) 21 36.38.73
Fax : 213 (0) 21 37.58.58

 

ANEP Régie presse
1, rue Pasteur - Alger

à Savoir

Les manuscrits, photographies, illustrations ou tout autre document adressés ou remis à la rédaction ne sont pas rendus et ne peuvent faire l’objet d’aucune réclamation.

 

La rédaction

Newsletter

Abonnez-vous à notre Newsletter afin de recevoir nos dernières infos.