Exportation du produit Made in Algeria : Un acte freiné par beaucoup d’aléas

Difficultés. Si les exportations hors hydrocarbures sont devenues le cheval de bataille des autorités algériennes, suite à la situation dangereuse face à laquelle le pays a eu à lutter, il n’y a aucun doute que les effets attendus des mesures prises, qui visent la diversification des sources de revenu à l’exportation, ne sont pas ceux qui ont été planifiés.

Pour preuve, les conséquences de la dépendance de toute l’économie algérienne au prix du baril oscillant sont toujours perceptibles. Bien que les facilitations qui aient été accordées par les autorités pour sortir de cette situation par la voie de l’exportation du produit Made in Algérie aient coûté des sommes faramineuses aux caisses de l’Etat, qui sont allées jusqu’à adopter le financement non conventionnel de l’économie, les difficultés liées à l’exportation sont toujours là. Après 4 ans depuis le début de la crise, rien n’est comptabilisé à la faveur des pouvoirs publics et des opérateurs comme notation sur la facture des exportations.

Il faut dire que la responsabilité n’incombe pas uniquement au gouvernement, car conscient de la gravité de la situation liée à la crise actuelle, il a mis l’accent sur l’aide à apporter au producteur algérien. Le volontarisme gouvernemental est à son summum, cette année. Ceci est confirmé par l'interdiction «sans appel» de l'importation de plus de 950 produits, une mesure des plus importantes que le gouvernement ait eu à prendre, dans le sens où l'épouvantail de la mafia des importations était devenu la bête noire de ceux qui voulaient encourager l’industrie et l’agriculture depuis longtemps.

Le calcul simple derrière ce type de mesure : la trajectoire est celle de la réduction des importations, avec l’encouragement de la production nationale, ce qui donnera au final l'exportation des surplus. Le rêve de tous les Algériens jaloux de leur nationalité. Dans la liste des responsabilités, outre celles des mesures douanières qui ne facilitent pas la vie aux exportateurs, il y a celles des institutions financières qui imposent un arsenal de procédures et de dossiers, ce qui fait de l’acte d’exporter un véritable parcours du combattant susceptible de faire perdre de l’argent et du temps à son entrepreneur. La grande majorité de ceux qui se sont hasardés à entreprendre l’aventure de l’exportation ont été vite contraints à abandonner leurs tentatives, et rares sont les opérateurs qui sont parvenus à venir à bout de ce parcours périlleux.

Des connaisseurs en la matière affirment que nos banques ne considèrent pas encore les exportateurs comme des acteurs économiques de confiance qui méritent de la crédibilité à encourager, ne serait-ce que parce qu’ils garantissent un revenu aux caisses de l’Etat en monnaie étrangère.

Il faut vraiment, pour que cela réussisse, que l’opérateur exportateur dispose d’appuis particulièrement puissants pour arriver à décrocher une aide des banques commerciales algériennes. D’ailleurs, les exportateurs s’accordent à dire qu’ils sont assujettis aux mêmes règles d’octroi de crédits que celles appliquées aux importateurs, alors que ces derniers ne font que consommer à outrance les caisses de l’Etat sans valeur ajoutée. Les facilités sont, au contraire, plus facilement obtenues par des importateurs que par des exportateurs, d’ailleurs, et suivant les différentes affirmations à la presse, il y davantage de formalités exigées d’eux par rapport aux autres. Les banques exigeaient, même des exportateurs, comme préalable à toute intention de vendre des produits ou des services à l’étranger, de domicilier à leur niveau leurs projets d’exportation. Dans la majorité des cas, pour se faire payer, il y a lieu de fournir à la banque, outre la domiciliation, une attestation de services faits sur la base de laquelle les exportateurs seront autorisés à facturer les produits à exporter.

Les banques, de leur côté, à travers les déclarations de certains responsables, justifient ces procédures qualifiables de bureaucratiques par les multiples directives émanant de la Banque d’Algérie, du ministère des Finances, du ministère du Commerce et de l’Abef, qui sont établies et diffusées sans mise à jour ni abrogation des mesures devenues nulles et sans effet émises auparavant. Ce qui engendre des mesures et procédures parfois contradictoires, mais qui sont obligatoirement applicables par les banques.

Pour les procédures administratives, il ne s’agit que d’une moitié de la responsabilité ; s’il y a une autre partie à laquelle incombe toute la deuxième moitié, c’est bien les exportateurs eux-mêmes, qui ne peuvent se dérober d’être à l’origine de plusieurs erreurs qui causent leurs petits malheurs.

Avant toute tentative d’introduction dans un marché, il n’y a pas lieu d’échapper à la nécessité de connaître et de maîtriser le droit du pays destinataire de l’exportation, condition qui n’est pas satisfaite pour la plupart des opérateurs algériens, ce qui les rapproche plus de l’échec de leur tentative d’expansion à l’international.

Il y a aussi le fait de la faiblesse de l’encadrement juridique qui souffre de lacunes graves en termes de formulation et de rédaction des contrats commerciaux avec les clients étrangers, ce qui défavorise souvent l’exportateur et l’expose plus ouvertement à l’échec. Le risque peut être lié à la mauvaise interprétation des formulations, ou bien à la non-couverture des cas possibles à risque pour l’une ou l’autre des parties. C’est un problème qui est vécu à l’intérieur du pays, que dire alors au niveau des transactions avec l’étranger ? D’où la nécessité de renforcer la culture juridique pour le compte de chaque opérateur candidat à l’exportation, au moyen de l’assistance et de la formation.

Aussi, le constat fait pour nos compatriotes est que la technique de négociation manque parfois au rendez-vous. Le langage des pays partenaires, lorsqu’ils étaient dans la position de fournisseurs, n’est pas le même lorsqu’ils sont clients, ce qui exige de l’exportateur algérien une grande finesse et une grande expérience dans l’art de la négociation ; d’où encore l’effort de formation à fournir par ceux qui aborderont le marché extérieur pour l’exportation.

C’est dire que l’effort est partagé entre les pouvoirs publics en termes d’allègement des procédures bancaires et douanières, ainsi que par l’accompagnement des exportateurs par des mesures et des facilitations leur permettant d’aborder le marché dans le cadre de conventions inter-nations, d’une part, et, d’autre part, les exportateurs eux-mêmes qui doivent fournir les efforts nécessaires pour développer leurs capacités à obtenir et à négocier des marchés, ainsi que dans la maîtrise de l’aspect juridique qui adhère à tout le processus de l’exportation depuis le premier dossier déposé jusqu’au dénouement de la transaction commerciale avec le partenaire étranger.

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