Un club des exportateurs, et après ?

Apparemment, nos responsables gouvernementaux aiment beaucoup les chiffres, à tel point qu’ils les balancent à l’emporte-pièce, surtout lorsqu’il s’agit d’annoncer des objectifs de production ou d’exportation, à l’image des produits agricoles. Dans une allocution prononcée par le ministre du Commerce le 18 juillet dernier à Alger devant un parterre d’exportateurs, Saïd Djellab a fait savoir que «l’Algérie s’attend à réaliser un milliard de dollars d’exportations de fruits et légumes à l’horizon 2023».

Pardi ! En matière d’exportation des produits agricoles, toutes filières confondues, la valeur importée en devise en 2017 est dérisoire et ne dépasse pas les 57 millions de dollars, dont 51 millions concernent la datte. Comment prétendre multiplier ce chiffre par vingt en cinq ans, alors que nous accusons un énorme déficit en termes de normes de qualité des produits (professionnalisme des agricultures, de logistique, de mise à niveau des structures phytosanitaires, etc.), de savoir-faire des exportateurs et bien évidemment de souplesse bureaucratique. Tous ces ingrédients font qu’il existe un sérieux problème de structuration de l’acte d’exporter.

Soit, ce dessein concocté sur papier est plus facile à expliquer qu’à mettre en oeuvre sur le terrain, et nous le confirmons lucidement. Sans nous égarer dans un pessimisme systématique, la réalité des choses revient toujours au-devant de la scène pour nous rappeler qu’entre la théorie et la pratique, il y a tout un monde. L’expérience de ce genre de conférence, plus politique qu’économique, renvoie souvent à un effet d’annonce, pas plus. Lorsqu’on révèle à un auditoire des pistes de solutions à des problèmes complexes et dont personne n’a entre les mains les moyens de les résoudre, l’on se demande alors où se trouve la vraie malédiction.

Certes, cette histoire d’exportation, c’est comme un vieux serpent de mer. Et comme à l’accoutumée, on efface tout et on recommence. Cette fois, l’évènement, c’est la nouvelle création d’un club des exportateurs (réservé strictement aux exportateurs de la filière des fruits et légumes), une autre version de l’Anexal, qui, au passage, a échoué dans ses missions. Hormis les sorties médiatiques tonitruantes de son président, les choses n’ont pas changé d’un iota dans ce secteur. Pour les consortiums d’exportateurs, qui se comptent sur les doigts d’une main, vaut mieux ne pas en parler.

Enfin, on est toujours prisonniers d’un cercle vicieux, tout en espérant qu’à la prochaine rentrée sociale, un plan d'action devant impulser les exportations des produits agricoles sera présenté, septembre prochain, au gouvernement. Ensuite, on donne notre langue au chat !

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