Merkel en visite de travail à Alger : Un déplacement pas comme les autres

Visite. Que doit-on comprendre des desseins de la récente visite éclair en Algérie de la chancelière allemande Angela Merkel ? Un bref rappel s’impose à ce sujet, cette visite devait intervenir le 20 février 2017 et a été reportée in extremis pour des raisons d’indisponibilité temporaire du Président Bouteflika. La présidence algérienne avait alors annoncé dans un communiqué que le président souffrait d’une bronchite aiguë.

Mme Merkel devait se déplacer dans la capitale algérienne avec un calendrier bien précis et axé sur l’épineux problème du rapatriement de près de 5000 harragas algériens considérés comme très encombrants par le gouvernement allemand. Cependant, ce report de la visite officielle est un fait inédit, puisque c'est la première fois dans les annales de la diplomatie algérienne qu'on annule une telle visite. Aussi, ce n’est que partie remise, car le thème de l’immigration clandestine dans le pays de Goethe est une affaire très politisée qui ne cesse de donner beaucoup de fil à retordre à Merkel qui est confrontée à une fronde politique venant de l'aile droite de sa propre coalition sur la question migratoire.

Partant, la chancelière allemande s’est retrouvée très fragilisée ces derniers mois et donc menacée pour son avenir politique. Pour revenir à cette visite du 17 septembre dernier, hormis le dossier des harragas il a également été question de faire une évaluation des relations économiques entre l’Algérie et l`Allemagne et de renforcer les axes de partenariat pour une relation bilatérale économiquement.

Dossier rapatriement des harragas

Sur ce point, il a été convenu d’un commun accord des deux parties de mettre un terme à la migration clandestine et dans ce cas, l’Allemagne souhaite vivement la coopération de l’Algérie.

En effet, le dossier des migrants a été au coeur des pourparlers entre la chancelière allemande, Angela Merkel et le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Dans ce cadre, le chef du gouvernement algérien a annoncé, lors d’une conférence de presse animée conjointement avec Angela Merkel, que l’Algérie est disposée à accueillir tous ses ressortissants en situation irrégulière en Allemagne, quel que soit leur nombre et sous réserve de pouvoir procéder à une « identification » de leur nationalité.

«Je vous confirme que l’Algérie récupérera ses enfants, qu’il s’agisse de 3.000 ou de 5.000 Algériens», a-t-il affirmé. Pour sa part, la chancelière allemande a rappelé dans ce contexte que son pays a la ferme volonté d’accueillir ceux qui ont de bonnes raisons de fuir leur pays, à l’image des Irakiens ou des Syriens, de leur fournir un droit au séjour et la possibilité de travailler. Et d’ajouter «pour les migrants qui ne sont pas éligibles à un titre de séjour, on s’attend à ce que l’État puisse agir».

«A cette fin, on a besoin de partenaires qui sont d’accord avec nous et l’Algérie en est un», s’est-elle félicitée. L’Algérie ayant récemment été classée «pays sûr» dans un projet de loi initié par le gouvernement allemand, a par ailleurs demandé à Berlin de mettre en oeuvre les demandes d'extradition présentées par la justice algérienne.

Interrogé sur les délais de retour en Algérie des Algériens séjournant illégalement en Allemagne, Ouyahia a rappelé que son pays s’opposait à l’utilisation de charters et a appelé Berlin à convaincre la compagnie allemande Lufthansa de participer à leur rapatriement, jusqu’ici essentiellement assuré par Air Algérie pour hâter le rythme des opérations de renvois des résidents illégaux.

L’Algérie, selon le premier ministre algérien, a fait comprendre à l’Allemagne qu’elle n’acceptait pas l’utilisation de vols charters pour transporter les migrants irréguliers avec tous les pays. A une question sur une éventuelle pression de l’Europe sur l’Algérie pour ouvrir des centres de rétention de migrants clandestins, il a affirmé que l’Algérie est connue pour ses positions de principe, soulignant que cette question n’a pas été abordée avec la chancelière allemande.

Par ailleurs, plusieurs autres points relatifs à la situation politique et sécuritaire notamment au niveau de la région du Sahel ont fait l’objet de questions-réponses.

La coopération économique n’a pas été en reste

Plusieurs filières industrielles intéressent les entreprises allemandes dont particulièrement l’industrie mécanique, la sous-traitance automobile, l’énergie renouvelable, la chimie et l’industrie pharmaceutique. Dans la filière mécanique, l’Algérie et l’Allemagne sont déjà liés par des partenariats tels que ceux de la production en Algérie de véhicules de la marque Mercedes-Benz entre le groupe allemand Daimler (société mère de Mercedes-Benz), la Société nationale de véhicules industriels (SNVI), le ministère de la Défense nationale (MDN) et le groupe émirati Aabar.

Il s’agit de trois sociétés mixtes algéro-germano-émiraties créées en 2012 pour développer l`industrie mécanique en Algérie : Société algérienne pour la production de poids lourds M e r c e d e s – B e n z (SAPPL.MB) à Rouïba, Société algérienne pour la fabrication de véhicules de marque Mercedes-Benz (Safaa) à Tiaret. Au total, plus de 200 entreprises allemandes activant dans différents secteurs sont implantées actuellement en Algérie et l’Allemagne a été classée 4ème fournisseur de l’Algérie en 2017 avec 3,2 milliards de dollars.

La visite de Merkel décryptée par les médias allemands

Selon des analyses de la presse allemande sur la visite de la chancelière allemande Angela Merkel en Algérie, l’essentiel des commentaires s’est focalisé sur l’accord concernant le rapatriement des algériens en situation irrégulière sur le sol de la république fédérale d’Allemagne. Autre thème de discussion entre les responsables politiques des deux pays, comme relevé par le journal électronique Süddeutsche Zeitung a trait à l’attitude coopérative de l’Algérie, et sa disposition à accélérer le processus de rapatriement des demandeurs d’asile rejetés.

Le média a posé la question de savoir si cet accord pouvait améliorer la situation tendue en Allemagne à cause de cet épineux dossier des réfugiés. Dans les colonnes du site internet Augsburger Allgemeine, ce dernier a évoqué l’engagement de la chancelière à «soutenir le gouvernement algérien pour le maintien de sa stabilité et a salué les progrès accomplis dans le rapatriement des demandeurs d’asile rejetés». «Il y a une coopération très constructive de la part des autorités des deux pays dans le rapatriement», ajoute-t-il, soulignant le déploiement de l’Algérie pour résoudre les conflits dans la région. D’autre part, certains journaux ont minimisé le contenu de l’accord économique conclu entre Berlin et Alger, précisant que les mesures prises entre la partie allemande et algérienne étaient concentrées sur les aspects sécuritaires.

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