Avant-projet de la loi de finances 2019 : Election présidentielles oblige !

Dur. Les recettes budgétaires s’établiraient en 2019 à 6,507, 9 milliards de DA, en hausse de plus de 0,2% par rapport aux recettes prévues en clôture de 2018. Quant aux dépenses, elles se situeraient à 8,502,2 milliards de DA, en baisse de 1,5% par rapport à l’exercice en cours. Ce qui induirait un déficit budgétaire de 9,2% par rapport au PIB.

Les dépenses de fonctionnement devraient augmenter de 7,5% à 4,954 milliards de DA et les dépenses d’équipement se contracteront fortement (-6,1% pour les autorisations de programmes) qui baisseront à 2,601 milliards de DA et -12,2% pour les crédits de paiements qui se situeraient à 3,547 milliards de DA contre 4, 043, milliards pour l’exercice en cours.

L’exposé des motifs relatifs à l’avant-projet de la Loi de Finances 2019 dont la mouture définitive est appelée à connaître plusieurs étapes avant d’être promulguée par le premier magistrat du pays comme traditionnellement le 31 décembre prochain.

Cependant, les analystes sont en train de nous donner un avant-goût de la «véritable couleur» du futur projet de la LF version 2019. De prime abord, ce qui intéresse le citoyen lambda est décortiqué soigneusement par les économistes et les politiques livrant ainsi quelques retombées sur la vie socio-économique du pays avec une certaine réserve du fait des contraintes internes et externes difficilement maîtrisables voire imprévisibles.

Les membres du gouvernement chargés de faire passer les textes de loi de la LF 2019, n’ont certainement pas eu d’autre choix que celui de faire preuve de beaucoup d’ingéniosité dans leurs calculs pour ménager «la chèvre et le chou» et pour surtout préserver la paix sociale durant l’exercice 2019, élections présidentielles oblige.

D’autre part, aiguiller d’une manière très intelligente l’affectation du budget sectoriel et les transferts sociaux relevés d’une extrême délicatesse et a eu égard aux tensions sur nos équilibres financiers conjuguées à un contexte international qui se caractérise par une conjoncture économique et financière instable, notamment en matière de volatilité des cours mondiaux des produits d’hydrocarbures.

Parlons chiffres

Tout d’abord, il faut savoir que le texte en question a été bâti sur la base d’un baril de pétrole brut à 50 dollars US et un taux de change de 118 dinars algériens pour un dollars US, prévoyant ainsi un taux de croissance de l’économie nationale de 2.6% pour l’année 2019 (3.4% en 2020 et 3.2% en 2021) et un taux d’inflation de 4.5% (3.9% en 2020 et 3.5% en 2021). Bien évidemment, tout cela repose sur les prévisions de rentrée de la principale ressource en devises du pays, à savoir les exportations des hydrocarbures. Elles devraient s’établir moyennement à 33.2 milliards de dollars US, soit une diminution de 1% par rapport à la clôture de l’année en cours.

Toutefois, le sempiternel casse-tête des pouvoirs publics dans la confection de la LF 2019 n’est autre que celui des importations qui d’ailleurs n’ont pas cessé de croître ces dernières années pour connaître une relative stabilité à partir de 2017. En effet, elles se sont établies cette année à 45,95 milliards de dollars contre 47,08 milliards en 2016, en diminution de 1,13 milliard seulement (-2,4%). Le volume des importations des marchandises connaîtra une baisse sensible en 2019, selon le projet de loi de finances 2019 dévoilé hier. Il devrait au contraire s’établir à 44 milliards de dollars soit moins 1, 5 milliard de dollars selon les prévisions de la LF 2018 établies par le ministère des Finances. Le repli devrait s’accentuer en 2020 et 2021 (42,9 et 41,8 milliards de dollars).

Par ailleurs, la balance commerciale devrait mieux se porter en enregistrant une décélération des déficits sur la période 2019-2021, indique le texte. Ces déficits se situeraient à 10,4 milliards de dollars l’année prochaine pour baisser à 8,2 milliards puis à 6,4 milliards en 2020 et 2021. Quant aux soldes de la balance des paiements prévus pour la même période, ils s’établiraient à 17,2 milliards de dollars en 2019, -14,2 milliards en 2020 et -14 milliards en 2021. Comme incidence directe d’un tel profil de la balance des paiements, l’encours des réserves de change sera impacté et se contracterait à 62, 47puis à 33,8 milliards de dollars respectivement en 2019, 2020 et 2021. Les exportations passeront respectivement pour les années 2020 et 2021 à 34,5 et 35,2 milliards de dollars.

Les recettes budgétaires s’établiraient en 2019 à 6,507, 9 milliards de DA, en hausse de plus de 0,2% par rapport aux recettes prévues en clôture de 2018. Quant aux dépenses, elles se situeraient à 8,502,2 milliards de DA, en baisse de 1,5% par rapport à l’exercice en cours. Ce qui induirait un déficit budgétaire de 9,2% par rapport au PIB. Les dépenses de fonctionnement devraient augmenter de 7,5% à 4,954 milliards de DA et les dépenses d’équipement se contracteront fortement (-6,1% pour les autorisations de programmes) qui baisseront à 2,601 milliards de DA et -12,2% pour les crédits de paiements qui se situeraient à 3,547 milliards de DA contre 4, 043, milliards pour l’exercice en cours. C’est sur la base de ces indicateurs qu’est arrêté le budget de l’État pour la période considérée (2019), un budget qui s’inscrit dans la continuité de la démarche qui consiste à maîtriser la dépense publique en vue d’une soutenabilité budgétaire permettant de réduire les tensions sur la trésorerie de l’État.

Les crédits de paiement destinés à l’investissement (1,486,3 milliard de DA) devraient se concentrer à hauteur de 71% dans trois secteurs : le soutien à l’habitat, l’agriculture et l’hydraulique ainsi qu’aux infrastructures économiques et administratives. Concernant la principale ressource en devises du pays, à savoir les exportations des hydrocarbures, elles devraient s’établir, selon les prévisions du gouvernement, à 33,2 milliards de dollars US, soit une diminution de 1% par rapport à la clôture de l’année en cours.

Les mesures d’austérité qui frappent l’Algérie en disent autant sur la situation économique que politique du pays. Confrontée à une crise économique depuis quatre ans, l’Algérie peine à redresser la barre. Près de 900 produits seront interdits d’importation, dont des fruits secs, fromages, légumes frais, viandes, mais aussi des intrants industriels. Une mesure qui n’a pas eu d’impact réel sur l’économie. Elle serait même contre-productive, selon des experts. Une bien maigre moisson par rapport aux objectifs initialement annoncés et qui témoigne de l’échec des premiers dispositifs de restriction des importations, en vigueur depuis la mi-2015. Pourtant, la bonne nouvelle, si on devrait dire ainsi, c’est que contrairement à l’année écoulée où nous avons enregistré des hausses des prix des carburants, (augmentation des tarifs actuels de la Taxe sur les produits pétroliers (TPP) de 1 à 3 DA/litre respectivement pour le gasoil et les trois types d’essence), l’année 2019 ne verra pas d’augmentation du litre de carburant à la pompe, au grand bonheur des citoyens.

L’information est sortie de la bouche même du premier responsable du département ministériel de l’énergie en l’occurrence M. Mustapha Guitouni, et ce en marge de l’ouverture de la session ordinaire du Conseil de la nation le 2 septembre dernier.

Premières réactions pessimistes de certains opérateurs économiques

Certaines voix se sont élevées ces derniers jours qualifiant l’avant-projet de la LF 2019 de décevant, notamment de la part des opérateurs économiques activant dans le domaine du E-commerce et du paiement électronique. Et pour cause, rencontrés à l’occasion du 1er salon dédié au commerce et au paiement électronique, baptisé «Tidjaratic», organisé récemment dans l’enceinte du Cyberparc de Sidi Abdellah, ces derniers n’ont pas hésité à montrer leur déception.

En effet, ils remettent en cause les taxes que propose le gouvernement dans l’avant-projet de loi de finances 2019 et plus précisément un article instituant la taxation des transactions en ligne. Aussi, dans son article 11, l’avant-projet de loi de finances 2019 propose de taxer à hauteur de 5%, au titre de l’IFU, applicable sur le montant de la facture en toutes taxes comprises, les personnes physiques et morales, quel que soit leurs statuts vis-à-vis des autres catégories de revenus, intervenant dans le cadre du circuit de distribution de biens et de services via des plateformes numériques ou en recourant à la vente directe en réseau.

Le texte se propose de contribuer à la mise en place d’un régime fiscal spécifique pour les opérations commerciales effectuées via les plateformes numériques et la vente directe en réseau. En outre, il a pour ambition d’encadrer les opérations effectuées par des personnes qui réalisant des revenus mais qui ne sont pas immatriculées auprès de l’administration fiscale.

En plus de la taxe des 5% qui sera appliquée sur chaque transaction, s’ajoutera une TVA de 19%, les 2% que perçoivent les plateformes de vente en ligne ainsi que les commissions bancaires applicables au titre du paiement électronique.

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