L'industrie du recyclage : Tout est à faire

Recyclage. La question du recyclage et de la création de l’industrie qui y est inhérente ne cesse d’être louée et valorisée par les pouvoirs publics, à tel point que cela est devenu le sujet phare à la mode. Dans toutes ses sorties pour visite de travail et d’inspection, la Ministre de l’Environnement et des Energies Renouvelables ne manque pas de mettre l’accent, dans ses discours, sur l’importance du recyclage et sur la nécessité de permettre aux jeunes d’accéder à la création d’entreprises de recyclage. Elle appuie aussi ses déclarations par le fait que le recyclage passe par une gestion efficace .

Il est effarant d’apprendre que l’Algérie est en train de perdre un potentiel colossal en tournant le dos à l’industrie du recyclage des déchets. Ce constat fait par des experts en énergie renouvelable qui estiment que le potentiel de la gestion et de l’exploitation des déchets en Algérie se situe entre 23 et 25 milliards de dinars par an, avec une possibilité de création de milliers d’emplois. Pour cerner l’ampleur du gisement susceptible d’être une ressource pour l’activité de recyclage, la quantité annuelle de déchets générés par l’activité humaine varie entre 7 et 1 0 millions de tonnes par an, dont 5% seulement sont exploités, soit un potentiel dormant de 95% inexploité du fait de l’absence d’entreprises spécialisées dans la récupération et le traitement.

On parlait dans un précédent article du potentiel et des avantages qu’offre l’industrie du recyclage qu’il n’est pas superflu de relater à titre de rappel. Tout d’abord, le premier avantage est l’aspect financier relatif aux économies que permet le recyclage en termes d’achats de matières premières, surtout si l’on compare avec l’achat qui est totalement issu de l’importation des produits de base. Ensuite, l’autre impact majeur reste bien celui de la réduction du chômage et de la création de l’emploi du fait de la création d’un grand nombre d’entreprises dans le domaine, il reste à estimer ce que ces entreprises peuvent apporter comme ressources au trésor public au titre des impôts et taxes liés à l’exercice de leurs activités.

On expliquait aussi que le recyclage des déchets est réalisé à l’aide de certains procédés qu’il convient de distinguer pour un traitement adéquat de chaque type de déchets. Il y en a principalement deux, à savoir :
- La valorisation de la matière qui consiste en la réutilisation de certaines matières issues des produits consommées comme étant de la matière première dans le cycle de production d’autres produits de nature similaire, soit par une utilisation totale ou bien partielle ;
- la valorisation organique, qui consiste en la production d’une toute autre nature que celle qui caractérisait la matière première de ce recyclage à l’origine, elle se fait à partir des déchets organiques.

Le premier procédé est valable pour des matières telles que le papier, le verre, le plastique, l’acier, l’aluminium, etc. le deuxième est valable pour produire du compost (domaine de l’agriculture) ou du biogaz (chaleur, électricité, carburant).

La question du recyclage et de la création de l’industrie qui y est inhérente ne cesse d’être louée et valorisée par les pouvoirs publics, à tel point que cela est devenu le sujet phare et à la mode. Dans toutes ses sorties pour visite de travail et d’inspection, la Ministre de l’Environnement et des Energies Renouvelables ne manque pas de mettre l’accent, dans ses discours, sur l’importance du recyclage et sur la nécessité de permettre aux jeunes d’accéder à la création d’entreprises de recyclage ; elle appuie aussi ses déclarations par le fait que le recyclage passe par une gestion efficace .

Des sorties louables dans le sens où elle s’engage sur le financement de la création de ces entreprises, mais qu’il va falloir composer avec d’autres paramètres. Il ne s’agit pas d’un souhait à exprimer dans des discours pour que les choses se concrétisent en un tour de main.

Si les choses devaient se concrétiser, il n’est pas question de procéder à des mesures cantonnées chacune appartenant à des parties prenantes différentes et indépendantes les unes des autres ; l’évidence est que le risque que les actions des uns aillent dans le sens contraire des autres, voire à leur entrave. Plus la coordination des actions et des mesures est renforcée, mieux celles-ci trouveront un terrain fertile en faveur du recyclage des déchets.

Seulement ici, l’enjeu est beaucoup plus grand et structurant ; en effet, il ne s’agit pas de simples actions à mener et à coordonner, mais bien d’une politique à l’échelle de l’ensemble des structures de l’Etat, qui commence par le niveau central, jusqu’aux collectivités locales et des structures de proximité.

Pour le niveau central de l’Etat, il s’agit de la définition de cette politique et de la décliner sous forme de vision stratégique engageant toutes les structures susceptibles de faire aboutir et réussir le projet de promotion de l’industrie du recyclage ; vision à laquelle doivent adhérer toutes les parties prenantes, depuis les structures centrales, décentralisées, collectivités locales, jusqu’au simple citoyen qui peut d’un geste contribuer positivement à ce projet.

Ensuite, tout l’effort est à consacrer à la production de l’arsenal réglementaire (mesures réglementaires, fiscales, dispositifs d’aide et d’accompagnement,…) qui contribue à la définition des rôles de chacune des parties prenantes dans ce grand projet, qui va de la définition des structures d’aides à la création des entreprises, jusqu’à la simple des actions, par exemple de la promotion permanente du tri des déchets à l’échelle du citoyen.

En parlant de promotion, le sens de la communication est à développer dans le sens où il ne suffit plus de sorties ministérielles sur le terrain, aux quelles nous somme habitués. Mais il y a un réel besoin d’actions et de mesures concrètes à faire appliquer par la force de la loi et de l’exhortation, avec un suivi rigoureux de l’application.

Difficile à faire concrétiser lorsqu’on constate que l’absence de coordination entre différents départements ministériels commence à se faire sentir sur le terrain dans différents domaines, qu’en est-il sur le plan local et au niveau du citoyen simple qui, depuis le temps, n’adhère pas forcément à toute mesure allant dans le sens de l’obligation ? C’est la qualité des mesures et de la communication qui doivent attirer dans le sens de la participation collective et de l’adhésion à un projet du pays.

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