Industrie sidérurgique en Algérie : Bellara vs El-Hadjar

Difficulté. Des performances et des ratés, c’est le constat général que l’on fait en 2018 du secteur de l’industrie sidérurgique en Algérie. Dans le cadre de l’évolution du secteur de l’industrie des matériaux de construction, il faut remarquer que ce dernier a effectivement traversé plusieurs étapes au gré des divers modèles de politique d’orientation dans ce domaine depuis l’indépendance du pays.

Ainsi, tout le monde se souvient du lancement du fameux programme étatique volontariste d’industrialisation tous azimuts des années 70, qui a donné naissance à de gigantesques complexes industriels à l’image du complexe sidérurgique d’El-Hadjar (Annaba) et de la cimenterie de Meftah pour ne citer que ceux-là. Ce schéma directeur des industries industrialisantes a permis à l’Algérie de se doter d’une base d’infrastructures industrielles, de créer des milliers d’emplois et enfin de se substituer aux importations de certaines matières premières, question de souveraineté nationale.

De gros importateur de rond à béton, l’Algérie peut-elle prétendre à l’autosuffisance ?

Jusqu’en 2016, l’Algérie était le plus gros importateur de rond à béton dans le monde, dont le volume s’est élevé à 2,6 millions de tonnes, ce qui représentait 11,1% des importations mondiales. Les importations des principaux produits sidérurgiques enregistrées durant la période allant de 2010 à 2016 ont atteint un montant global de 36,4 milliards dollars pour un volume de 41 Mt, soit une moyenne annuelle de 5,2 milliards dollars pour 5,8 millions de tonnes. Ces dernières années, le secteur de l’industrie sidérurgique a connu une certaine dynamisation qui lui a permis de maîtriser la demande nationale en produits (rond à béton).

Dans ce cas de figure, il faut retenir que l’industrie algérienne de la sidérurgie est dominée par quatre principaux producteurs : le groupe public Imetal (10 filiales, dont le complexe Sider El Hadjar) ; le groupe turc Tosyali (Oran), ainsi que deux entreprises privées algériennes : Lamino Attia (Annaba) et SPA Maghreb tubes (Ain Defla), en attendant que le complexe de Bellara atteigne sa vitesse de croisière en termes de productivité.

Le complexe d’El-Hadjar, «un colosse» aux pieds d’argile

Qualifié de fleuron de la sidérurgie algérienne à l’époque de l’économie dirigée, El-Hadjar s’il existe encore, n’est plus que l’ombre de lui-même. Sider a d’abord été vendue à Lakshmi Mittal, un géant indien de l’acier avant que le repreneur ne déclare faillite et que l’usine revienne sous la protection de l’État. C’est aussi l’histoire d’une entreprise qui continue de faire les frais d’une gestion catastrophique minée par un conflit essentiellement «syndico-syndical» qui n’en finit pas.

Dernier en date, plus de 5.000 travailleurs formant l’entreprise de Sider El-Hadjar ont observé au mois d’octobre 2018, un sit-in dans l’enceinte du complexe pour manifester contre l’ingérence du député dans la gestion de leur usine. Situation ubuesque, puisque qu’une personne étrangère au complexe est impliquée dans la gestion des affaires d’une entreprise nationale aussi importante. A l’heure où nous mettons sous presse, le complexe se trouve toujours paralysé.

En dépit de la nomination à la tête du groupe Sider en mars 2018 de M. Lakhdar Ouchich, ancien cadre au sein du groupe et spécialiste des activités des filiales de sidérurgie, les choses ne se sont pas améliorées.

Ce dernier a succédé à l’ex-PDG Ali Bediar limogé quelques jours auparavant par le ministre de l’Industrie en raison d’un échec dans le processus de relance des activités de l’usine.

Principale mission du nouveau boss : piloter un plan de redressement de la situation. Pour ce faire, il devra prendre des mesures efficaces et assurer l’encadrement et l’accompagnement par des personnes expérimentées dans le domaine de l’industrie sidérurgique, notamment au complexe Sider El Hadjar ; ceci dans l’objectif de dépasser le seuil de 1.200.000 tonnes par an d’acier commercialisable dès le début de l’année prochaine. Pour rappel, le groupe Sider, dont le siège est situé dans la commune de Sidi Amar dans la région de Chaiba, regroupe cinq filiales d’activités sidérurgiques, à leur tête le complexe El-Hadjar, qui représente environ 80% de l’activité industrielle du groupe.

La capacité productive actuelle de l’unité d’El Hadjar est de l’ordre de 2.800 tonnes d’acier par jour, prêtes à la commercialisation. Les prévisions de production du complexe Sider El-Hadjar pour l’année 2018 sont estimées à 850.000 tonnes d’acier commercialisable. Du reste, le programme d’investissement et de réhabilitation de ce complexe est en cours de réalisation et porte sur le renouvellement et la modernisation des structures ainsi que les équipements de ses unités.

Le complexe sidérurgique de Bellara, une alternative potentielle à El-Hadjar

C’est en mars de l’année 2015 que l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait procédé à Jijel, en compagnie du président du Conseil des ministres et ministre de l'Intérieur de l'État du Qatar, Abdellah Ben Nacer Ben Khalifa Al-Thani, à la pose de la première pierre du projet de réalisation du complexe sidérurgique de Bellara, entrant dans le cadre du partenariat industriel entre l'Algérie et le Qatar.

Le complexe sidérurgique de Bellara, commune d’El Milia dans la wilaya de Jijel, dont les travaux de réalisation sont entrés en phase terminale, devrait produire 1.5 millions de tonnes de fer par an, en transformant les minerais extraits de la mine de Ghar Djebilet (projet non encore relancé) dans la wilaya de Tindouf. Vraisemblablement, le complexe sidérurgique de Bellara sera désormais l'un des plus grands dans le continent africain. Le projet est estimé actuellement à un taux d'avancement de 80 %, selon les données des responsables du site avec une évaluation de la capacité de production qui devra atteindre 4 millions tonnes/an dans un avenir proche. Une évolution qui permettra à coup sûr de couvrir la demande locale avant de s’orienter vers le marché extérieur.

Du point de vue des retombées de son impact socio-économique, le projet qui se trouve en phase terminale de sa réalisation prévoit la création d’au moins 1.800 emplois directs et indirects. Lors d’une récente visite d’inspection du projet par le ministre de l’Industrie et son homologue qatari, ces derniers ont exprimé leur grande satisfaction quant à ce modèle de coopération exemplaire, fruit d’un partenariat fructueux entre deux pays frères.

Pour sa part, le président du conseil d'administration du complexe, Mohamed Sakhr Hrami a indiqué que le défi principal est d'entamer la production parallèlement à la poursuite des travaux de réalisation des diverses unités avec l'entrée en activité de l'unité de laminoir n° 1 avec une capacité de 750.000 tonnes/an. L'unité n° 3 avec une même capacité, se trouve actuellement au stade des tests tandis que l'unité n° 2 dont le taux d'avancement des travaux est de 94 % sera opérationnelle à la fin de l'année en cours, a ajouté le même responsable. Les deux ministres algérien et qatari ont visité ensuite le port de Djendjen pour s'enquérir des capacités d'exportation vers les marchés internationaux et ont suivi un exposé détaillé du directeur de l'entreprise portuaire.

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