Infrastructures ferroviaires et qualité de service : Les grands défis du rail

A grande vitesse. Alors que le voisin de l’ouest vient d’inaugurer en grande pompe son TGV entre Tanger et Casablanca, ce qui représente le premier tronçon de grande vitesse d’Afrique, en Algérie la stratégie gouvernementale est axée sur d’autres options jugées plus prioritaires au regard des nombreux défis qu’il faut relever dans ce secteur névralgique du transport des voyageurs.

L’amélioration de la qualité de service public demeure au niveau de tous les secteurs un challenge qui doit être à la hauteur de ses utilisateurs, autrement dit le citoyen. Dans le domaine des transports, il s’agit de rattraper en priorité l’immense retard accumulé durant plusieurs décennies, toutes infrastructures confondues, surtout concernant le désenclavement des régions les plus reculées de notre pays continent. Parmi les modes de transport qui ont bénéficié d’une attention soutenue du gouvernement, figure le rail avec sa double fonction de service : assurer le déplacement des voyageurs et l’acheminement des marchandises.

Un ambitieux programme pour relier Alger à Tamanrasset

Pour ce faire, les pouvoirs publics n’ont pas lésiné sur les moyens, notamment financiers, en débloquant des budgets colossaux dans des projets de réalisations tous azimuts dont le montant a atteint pas moins de 30 milliards de dollars.

La preuve est que dans la feuille de route du Département ministériel des travaux publics et des transports, les responsables du secteur considèrent que beaucoup d’efforts ont été déployés depuis les années 2000, en particulier tout ce qui a un rapport avec la connectivité entre les diverses régions en Algérie.

Ainsi, le réseau linéaire du réseau ferroviaire est passé de quelques 1.200 km alors qu’il est actuellement de 4500 km. Cependant, selon les prévisions du MTPT l’objectif est d’atteindre les 6.300 Km de rails avec l’achèvement des projets de la rocade des Hauts-plateaux sur 1160 km. Du reste, à long terme, c'est-à-dire à l’horizon 2035, il est prévu de joindre les deux points extrêmes de l’Algérie sur 12.000 km, avec notamment une ligne qui reliera le nord à Tamanrasset.

Ceci étant, il se trouve que l’accent est mis simultanément sur la connexion des grandes installations de manufactures, à l’image des cimenteries, des aciéries, et de toute grande entreprise dont les produits sont spécialement destinés à l’export. D’ailleurs, à travers ces programmes le MTPT tente de répondre efficacement à des besoins pressants en matière de développement socio-économique, tout en mettant l’accent mis sur la remise en service des lignes à l’arrêt pour maintes raisons.

Cap sur la modernisation des trains et l’extension du réseau

Sur un autre volet, la réception cette année d’un lot de 17 autorails (Diesel-électrique) grandes lignes, de type «Coradia» a nécessité un crédit de 126 milliards de dinars dont a bénéficié la SNTF (Société nationale des transports ferroviaires). Ce crédit a été alloué dans le cadre de son plan de développement et modernisation de sa flotte, pour l’acquisition de locomotives et de wagons, l’achat de pièces de rechange et la réhabilitation de ses ateliers de maintenance, un autre grand challenge et du gouvernement et de la SNTF, ce plan de modernisation s’inscrit dans le schéma national de réaménagement du territoire, légiféré depuis 2000.

Dans un souci d’utiliser les structures à bon escient, l’entreprise ferroviaire mère a fait l’objet d’une restructuration donnant naissance à deux institutions dont l’actuelle SNTF, tandis que l’ANESRIF a été créée en 2005. L’ANESRIF, acronyme pour «Agence nationale d’études et de suivi des investissements ferroviaires» est chargée de la gestion et de la mise en oeuvre du programme d’investissement ferroviaire.

Cette dernière assure la mise en oeuvre d’un programme d’action nécessitant l’intervention d’une trentaine d’entreprises nationales et de 59 entreprises étrangères s’articulant autour de 8 axes principaux : la rocade Nord, celle des Hauts-Plateaux, la ligne minière Est (chargée du transport de fer et de phosphates venant des minerais de l’Est du pays), la pénétrante Centre allant de Djelfa à Laghouat, la pénétrante Ouest, la boucle sud-est, la boucle sud-ouest, et la pénétrante Est qui s’étend jusqu’à la nouvelle ville de Hassi Messaoud, avec la partie Hassi Messaoud- Touggourt en cours de réalisation, en plus de 400 km en cours d’exploitation en matière de GSMR.

Parallèlement, il est prévu dans le programme la réhabilitation des gares pour les élever aux normes internationales : accès aux personnes à mobilité réduite, embellissement des gares, commerces pour le retour sur investissement etc. Avec l’acquisition de ces nouveaux trains dotés d’une technologique très récente ainsi que l’opération de rénovation du parc roulant de son entreprise qui devrait permettre de transporter 60 millions de voyageurs et 17 millions de tonnes de fret par an à partir de 2020, la SNTF prévoit de réaliser son équilibre financier.

Les points noirs à éradiquer

La Société nationale du transport ferroviaire (SNTF), a publié récemment sur sa page Facebook le bilan des décès enregistrés suite à des accidents ferroviaires en Algérie. Ainsi, on note un bilan de 250 personnes tuées et 175 autres blessées depuis 2013. Concernant les actes de vandalisme, la société a comptabilisé durant la même période, 1378 actes de jets de pierres sur les trains causant 163 blessés dont 84 employés de l’entreprise.

Des actes «barbares» qui ont causé un préjudice financier de 35 milliards de centimes de réparation des dégâts. A titre d’exemple, le premier train Coradia a vu 80% de ses vitres brisées par des délinquants, six mois seulement après sa mise en service. Côté prévention et sécurité des passages à niveau, qui sont vraisemblablement la source de nombreux drames humains ou de pertes matérielles, il est prévu d’automatiser une partie, et de transformer l’autre en passages supérieurs.

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