Activité des transports en Algérie : Une professionnalisation qui se cherche encore

Important. L’activité transport pour une entité économique représente un grand enjeu aux yeux des capitaines d’industries. D’ailleurs, de nos jours, les gestionnaires d’entreprises accordent de plus en plus d’intérêt au département transport et logistique, à telle enseigne que la réussite ou l’échec d’une activité est en fonction de la maîtrise des flux physiques des marchandises et ce, depuis leur sortie d’usine jusqu’à leur destination finale.

Désormais, la voie est libre pour tout opérateur économique ou investisseur algérien privé qui désire créer sa propre société en vue de l’acquisition et/ou la location de moyens de transports aérien et maritime en vue d’assurer, entre autres, le transport de produits nationaux destinés à l’export. C’est l’une des annonces phares de l’année 2018 du ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, laquelle a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme dans les milieux des hommes d’affaires, en particulier ceux qui souhaitent promouvoir leur activité de transport des marchandises à destination de l’international.

Outre les transports terrestre et ferroviaire, dont les lacunes de gestion sont toujours d’actualité, le gouvernement tient beaucoup à l’ouverture des transports aérien et maritime de marchandises au profit du secteur privé national. Par cette mesure très bénéfique pour le développement de la mobilité des marchandises, il s’agit par là-même de contribuer à la création de postes d'emploi, à l'amélioration de la commercialisation des produits agricoles et industriels des différentes régions du pays, notamment celles du Sud, ainsi que l’augmentation du taux national du transport particulièrement maritime qui demeure sous le dictat des firmes étrangères à plus de 90%. De même, le rôle de ce secteur est capital dans l’intégration de l’économie nationale dans l’économie mondiale. Toujours est-il important de souligner que ce dernier souffre assurément d’un certain nombre de handicaps qui finalement amenuisent son rendement et sa compétitivité.

Pourquoi l’Algérie fait-elle face à une grande problématique relative au taux de fret ?

Actuellement, la problématique est que le taux de fret revient très cher aux opérateurs algériens en comparaison avec nos voisins de l’Est et de l’Ouest. La raison réside dans le fait que nous sommes en présence d’un important déséquilibre dans la balance de l’import/export. Autrement dit, quand un conteneur est déchargé de sa marchandise au niveau du port, le hic est que ce même conteneur reprend la mer vide à la charge de l’importateur algérien qui ne peut que prendre son mal en patience.

C’est d’ailleurs l’une des contraintes majeures auxquelles les responsables sont appelés à intervenir en engageant une réflexion à même d’entamer la révision des textes réglementaires en vigueur afin de les adapter au contexte économique actuel. Tout compte fait, sur les 12 milliards de dollars que l’Algérie débourse en termes de services, une enveloppe de 6 milliards est consacrée à la partie transport. C’est énorme ! En définitive, c’est le consommateur en bout de chaîne qui paie les frais de cette situation très équivoque.

Objectif de la professionnalisation du secteur : booster les exportations hors hydrocarbures

Il est indéniable que l’activité transport pour une entité économique représente un grand enjeu aux yeux des capitaines d’industries. D’ailleurs, de nos jours, les gestionnaires d’entreprises accordent de plus en plus d’intérêt au département transport et logistique, à telle enseigne que la réussite ou l’échec d’une activité est en fonction de la maîtrise des flux physiques des marchandises et ce, depuis leur sortie d’usine jusqu’à leur destination finale. Au niveau national, les transports par voies terrestre et ferroviaire sont plus ou moins bien structurés du fait de la disponibilité de sociétés spécialisées dans le domaine ayant cumulé plusieurs années d’expérience dans la gestion de cette activité, à l’image de la SNTR et de la SNTF ainsi que quelques transporteurs privés.

Néanmoins, les intervenants dans le circuit posent avec acuité le problème des frets aérien et maritime et expriment à chaque occasion leur embarras devant les innombrables défaillances enregistrées au niveau de nos ports et aérogares. C’est un casse-tête quotidien qui fait que la programmation d’une opération d’exportation est aléatoire pour maintes raisons.

Selon les avis que nous avons pu recueillir auprès de certains opérateurs économiques, il s’avère que l’acte d’exporter peut être assimilé à un véritable « parcours du combattant ». Entre indisponibilité des moyens de transport, très mauvaises manutention et gestion des conteneurs, retard dans l’expédition de la marchandise et coût exorbitant des frais de transport, il y a de quoi donner le tournis aux exportateurs.

Management portuaire, le parent pauvre de la formation académique

Le système de formation académique du point de vue des besoins actuels est très en deçà des attentes souhaitées par les utilisateurs de ce genre de compétences. Sur un autre volet, il faut admettre qu’il est très peu développé, faut-il le remarquer.

Effectivement, il y a un manque flagrant de compétences. Pour expliquer cet état de faits, il faut avant tout reconnaître que particulièrement ces dernières années, nous assistons à une terrible « hémorragie » suite au départ du personnel qualifié pour différentes raisons, notamment les départs massifs des anciens cadres à la retraite, et qu’il est urgent de remplacer. Pour ce qui est des établissements de formation aux métiers de la gestion et du management portuaire, il se trouve qu’actuellement, nous avons principalement une seule école dans le domaine, à savoir l’Ecole nationale supérieure maritime de Bou-Ismaïl. Toutefois, ses programmes de formation sont plutôt beaucoup plus orientés vers la formation des gens de la mer. En revanche, d’après des chefs d’entreprises, toutes les opportunités sont les bienvenues s’agissant de sessions de formation et de perfectionnement du personnel organisées par l’Administration centrale du transport ou dans le cadre des accords de coopération et de partenariat avec l’Union européenne.

A titre d’exemple, des cadres de diverses structures économiques ont bénéficié cette année d’un certain nombre de formations dans les techniques de gestion et de management de la logistique, du transport, des stocks, etc. Mais n’empêche qu’il reste un gros effort à fournir dans ce segment en dépit de la bonne volonté des pouvoirs publics pour remédier à cette défaillance en matière de formation. Une formation adéquate de nos jours est incontournable du fait que nous sommes en présence, par exemple, de bateaux de marchandises qui peuvent dans certains cas vous livrer dans les ports 22.000 conteneurs, et donc on imagine bien l’ampleur de la tâche du déchargement et de la prise en charge de la cargaison toutes opérations confondues.

L’urgente professionnalisation effective du secteur du transport

Alors que le commerce mondial est en pleine mutation, l’heure n’est plus aux tergiversations. Le gouvernement tente d’encourager la concurrence dans les frets aérien et maritime tout en gardant un oeil, sans provoquer la compétition avec les traditionnels transporteurs nationaux, à savoir les deux grandes compagnies publiques Air Algérie et la CNAN. Pour rappel, le cadre législatif relatif à l’ouverture du fret aérien existait depuis 1998 mais il est resté gelé durant toutes ces dernières années, notamment à la suite du scandale Khalifa en 2002-2003. Le 14 janvier dernier, le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, a annoncé la levée du gel sur cette loi qui concernera en premier lieu le transport des marchandises. L’ouverture de cette activité au privé permettra de transporter les produits locaux destinés à l’exportation, y compris les produits agricoles, ce qui va certainement créer de nouveaux emplois directs et indirects. Du reste, l'ouverture du transport de marchandises par voie maritime ou aérienne au secteur privé permettra de relever le quota de l'Algérie sur le marché mondial et d'encourager l'investissement public et privé pour l'édification d'une économie nationale productive et la création de nouveaux emplois. Pour ce faire, il faut capitaliser sur l’expérience des spécialistes du domaine en ayant comme référence les évolutions technologiques du management du transport.

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