Naïla Chaker, lauréate du Prix du Concours d’entrepreneuriat féminin : « Commencer petit et voir grand »

Prouesse. C’est au siège de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF) que nous avons rencontré Naila Chaker, une jeune femme d’affaires qui a réussi, trois ans après le lancement de son entreprise, à décrocher le prix du Concours national pour le financement d’un projet entrepreneurial, ciblant des jeunes femmes algériennes de plus de 18 ans, organisé par le Club femmes chefs d’entreprises de la CCIAF lancé en décembre 2017.

A 26 ans, Naila Chaker se lance dans les affaires. Titulaire d’un doctorat en sciences vétérinaires, décroché avec brio en 2013, et armée d’une grande volonté, cette jeune Constantinoise porteuse du projet Caffy, spécialisé dans la production fromagère, réussit, deux ans après avoir quitté les bancs de l’université, à créer sa propre entreprise Nalilait.

L’ACTUEL : Vous venez tout récemment de remporter le Concours d’entrepreneuriat féminin organisé par le Club des femmes chefs d’entreprises relevant de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française de la CCIAF ; comment expliquez-vous cette importante consécration après plusieurs années d’intenses efforts et de persévérance ?

Naïla Chaker : Remporter le Concours d'entrepreneuriat féminin organisé par le Club des femmes chefs d'entreprises de la CCIAF a été l'une de mes plus grandes réussites. Mon projet a été évalué et sélectionné parmi plusieurs autres projets tous aussi prometteurs les uns que les autres. Ce fut un honneur et un privilège pour moi de faire partie des finalistes et de défendre mon projet auprès des membres d'un jury aussi compétent. Ce fut une véritable récompense, une bouffée d'oxygène après autant d'années d'efforts, de sacrifices, de persévérance et d’espoir. Enfin, mon travail est apprécié à sa juste valeur, et même en étant lauréate, je sais que le chemin qui s'ouvre devant moi est loin d’être dénudé d’embûches et de difficultés. Cela m’ouvre la voie devant d’autres défis à relever...

Vous êtes vétérinaire de formation. Est-ce par passion à ce métier ou fortuitement que vous avez choisi le secteur de l’industrie fromagère ?

Au début, j'ai instinctivement opté pour l'élevage et la production laitière. J'ai eu la chance en tant que vétérinaire de faire plusieurs suivis d'élevage bovin laitier en Algérie et à l’étranger, notamment en Hollande.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours avant de réaliser votre projet, et pourquoi ce type de fromage en particulier ?

J'ai beaucoup appris sur le terrain, et j'ai vu un réel potentiel dans cette filière. La fromagerie est venue un peu plus tard après de nombreuses formations et stages en Algérie, notamment à Ghardaïa et en Kabylie, mais également aux Pays-Bas, et c'est à partir de là que mon choix s'est confirmé auprès des meilleurs experts en la matière. Du coup, j'ai opté pour la fromagerie qui est mon domaine de prédilection, en particulier la fabrication de fromage à pâte pressée, à savoir le Gouda. C’est comme ça que Nalilait a vu le jour, et depuis, je persévère dans cette voie.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées lors du lancement de votre projet et comment vous les avez surmontées ?

Nos difficultés se résumaient d'abord dans le fait que nous sommes partis pratiquement de rien et que nous étions sans grande expérience. Il fallait s'informer des lois, notamment administratives, trouver des fonds, les bons fournisseurs, acquérir l'infrastructure et le matériel qui répondent aux normes exigées, sélectionner les bons éleveurs pour avoir la meilleure qualité de lait, etc. Tous ces facteurs ne m'ont jamais découragée. Au contraire, à chaque étape que je traversais, j'apprenais encore plus, et je n’ai jamais baissé les bras grâce, notamment, au précieux soutien de mon entourage et de tous les professionnels que j'ai croisés sur mon chemin.

On imagine qu’avec la dotation financière qui vous a été remise par la CCIAF, et qui est amplement méritée, votre ambition est, désormais, d’agrandir votre usine afin de pouvoir jouer dans la cour des grands producteurs de fromage en Algérie. Dans ce cadre, peut-on connaître votre idée et les prochains défis qui vous attendent ?

L’apport financier que j'ai obtenu grâce à la CCIAF est une véritable aubaine. D’ailleurs, il est arrivé à point nommé surtout avec la conjoncture économique actuelle suite à l’arrêt de l'importation concernant ce genre de produit. Il est plus que jamais nécessaire pour moi d'augmenter ma capacité de production et de diversifier ma gamme de produits en réponse à la demande croissante du marché. Aujourd'hui, Nalilait se doit de s'agrandir et de se développer.

Bien évidemment, pour y parvenir, le parcours est long et difficile mais je suis persuadée que cela est dans mes cordes. Cependant, j’estime que je suis parfaitement entourée de professionnels qui vont m’accompagner durant toute la durée de la mise en oeuvre de mon projet.

Nous ne terminerons pas notre entretien sans vous demander de fournir quelques précieux conseils aux jeunes porteuses de projets, à l’image de celui que vous avez réalisé avec brio…

Mon conseil s’adresse à toutes les jeunes femmes désireuses de se lancer dans l'entrepreneuriat. Tout d’abord, il est nécessaire de bien cibler leurs objectifs, travailler sur une étude réaliste du projet afin d’avancer dans le bon sens. Du reste, je leurs conseille de s’entourer de personnes compétentes dans le domaine et ne jamais baisser les bras, car le chemin vers la réussite est semé d’embûches. Aussi, elles doivent s’armer de patience et de bonne volonté pour pouvoir relever les défis. Elles finiront forcément par récolter le fruit de leur labeur.

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