Conférence du Professeur Chems Eddine Chitour : Développement durable

Robotique. Invité à donner une conférence à l’occasion de la 23e journée sur l’énergie organisée au niveau du siège de la Sonatrach, le Professeur Chems Eddine Chitour, de l’Ecole nationale polytechnique d’Alger, a longuement développé le thème de la quatrième révolution industrielle. Avec son aimable autorisation, nous publions les principaux extraits de sa conférence.

La quatrième révolution industrielle est incontournable !

Le monde de l’énergie fossile est déjà derrière nous malgré ses soubresauts qui peuvent durer encore une génération. Nous sommes à une croisée des chemins. Partout dans le monde c’est le sauve qui peut pour échapper à l’ancien monde et prendre le train du futur, dont l’un des wagons est la révolution électrique, notamment dans le transport. Le monde du futur sera profondément robotisé et fera appel plus que jamais à l’intelligence artificielle qui permettra d’optimiser une énergie qui sera partagée entre plusieurs demandes, l’internet des objets. Plus largement, nous allons vers la quatrième révolution. Cette vision est partagée par plusieurs spécialistes et nous donnons dans ce qui suit la réflexion de Klaus Schawb, fondateur du Forum de Davos.

La quatrième révolution sauvera-t-elle le monde ?

Klaus Schawb, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial, pense que la mondialisation 4.0 est déjà là. Nous devons nous y préparer. Il écrit : « Nous sommes au bord d’une révolution technologique qui modifiera notre façon de vivre, de travailler et de nouer des relations mutuelles. De par son ampleur, sa portée et sa complexité, la transformation sera différente de tout ce que l’humanité a connu auparavant. Nous ne savons pas encore comment elle va se dérouler, mais une chose est claire : la réponse doit être intégrée et globale et impliquer toutes les parties prenantes de la politique mondiale, des secteurs publics et privés aux universités et à la société civile.

La première révolution industrielle utilisait de l’eau et de la vapeur pour mécaniser la production. La deuxième utilisait l’énergie électrique pour créer une production de masse. La troisième utilisait l’électronique et les technologies de l’information pour automatiser la production. Une quatrième révolution industrielle est en train de se construire sur la troisième, la révolution numérique en cours depuis le milieu du siècle dernier. Elle se caractérise par une fusion de technologie qui brouille les frontières entre les sphères physique, numérique et biologique.

L’arrivée de cette quatrième révolution est distincte pour trois raisons : la vitesse des percées actuelles n’a pas de précédent historique. Comparée aux révolutions industrielles précédentes, la quatrième évolue à un rythme exponentiel plutôt que linéaire. En outre, cela perturbe presque toutes les industries dans tous les pays. Et l’ampleur et la profondeur de ces changements annoncent la transformation de systèmes entiers de production, de gestion et de gouvernance. Les possibilités offertes par des milliards de personnes connectées via les appareils mobiles, avec une puissance de traitement, une capacité de stockage et un accès à la connaissance sans précédent, sont illimitées. Et ces possibilités seront multipliées par les avancées technologiques émergentes dans plusieurs domaines tels que l’intelligence artificielle, la robotique, l’internet des objets, les véhicules autonomes, l’impression 3D, la nanotechnologie, la biotechnologie, la science des matériaux, le stockage de l’énergie et l’informatique quantique. Déjà, l’intelligence artificielle nous entoure. Des voitures et drones autonomes aux assistants virtuels, en passant par les logiciels qui traduisent ou qui investissent. L’intelligence artificielle a considérablement progressé ces dernières années grâce à l’augmentation exponentielle de la puissance de calcul et à la disponibilité de vastes quantités de données, des logiciels utilisés pour découvrir de nouveaux médicaments aux algorithmes servant à prédire nos intérêts culturels.

Les technologies de fabrication numériques, quant à elles, interagissent quotidiennement avec le monde biologique. Des ingénieurs, des concepteurs et des architectes associent conception, informatique, fabrication additive, ingénierie des matériaux et biologie synthétique pour créer une symbiose entre les micro-organismes, notre corps, les produits que nous consommons et même les bâtiments que nous habitons. A l’instar des révolutions qui l’ont précédée, la quatrième révolution industrielle a le potentiel d’augmenter les niveaux de revenus mondiaux et d’améliorer la qualité de vie des populations du monde entier. Commander un taxi, réserver un vol, acheter un produit, payer, écouter de la musique, regarder un film ou jouer à un jeu, tout cela peut maintenant être fait à distance.

Les coûts de transport et de logistique diminueront, la logistique et les chaînes d’approvisionnement mondiales deviendront plus efficaces et le coût du commerce diminuera, ce qui ouvrira de nouveaux marchés et stimulera la croissance économique. Dans le même temps, comme l’ont souligné les économistes Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, la quatrième révolution pourra générer une inégalité plus grande. Globalement, la quatrième révolution industrielle a quatre principaux effets sur les entreprises : sur les attentes des clients, sur l’amélioration des produits, sur l ’ i n n o v a t i o n collaborative et sur les formes organisationnelles. Aussi, le passage inexorablement de la numérisation simple (troisième révolution industrielle) à une innovation basée sur une combinaison de technologie (quatrième révolution industrielle) oblige les entreprises à réexaminer leur manière de faire des affaires.

La quatrième révolution, enfin, changera non seulement ce que nous faisons, mais aussi ce que nous sommes. Cela affectera notre identité et tous les problèmes qui y ont associés. Cela change déjà notre santé et conduit à un ‘’moi quantifié’’ et plus tôt que nous ne le pensons, cela peut conduire à une augmentation humaine. La liste est interminable car elle est liée que par notre imagination. »

La croissance débridée est-elle synonyme de confort, de bien-être ?

Penser à une décroissance de ce qui n’est pas essentiel, est-ce « revenir à la bougie » alors que cela est poétique ? Ne faut-il pas humaniser les rapports marchands et ajouter à l’équation de l’avoir celle de l’être. En clair, n’est-il pas plus éthique de préférer à la mondialisation heureuse incantée par Alain Minc, chantre d’une mondialisation laminoir, la sobriété heureuse que nous offre Pierre Rabhi, agro-géologue qui a gardé de son enfance bécharoise (Algérie) le sens de la mesure, El Kannaâ (la satiété) ?

D’où viendra le salut en l’absence de décroissance, mot maudit ?

Pour Dany Robert Dufor : « Pour sortir de la crise de civilisation, il convient de reprendre, propose-t-il, un élan humaniste. Comment faire advenir un individu qui serait enfin sympathique, c'est-à-dire libre et ouvert à l’autre. Il nous semble qu’un des enjeux civilisationnels actuels soit précisément d’échapper à ce dilemme. »

Je prédirais plutôt la survie du capitalisme au prix de la mort de notre civilisation et sa transformation en une vaste administration technomarchande inhumaine, fonctionnant au service de l’oligarchie mondiale. Pour Edgard Morin, il ne s’agit pas de concevoir un « modèle de société », voire de chercher quelque oxygène dans l’idée d’utopie. Il nous faut élaborer une voie qui ne pourra se former que de la confluence de multiples voies réformatrices, et qui amènerait la décomposition de la course folle et suicidaire qui nous conduit aux abîmes. La voie nouvelle conduirait à une métamorphose de l’humanité, l’accession à une société-monde de type absolument nouveau. Elle permettrait d’associer la progressivité du réformisme et la radicalité de la révolution.

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