2019, année des exportations hors hydrocarbures : Est-ce la fin des vœux pieux ?

Aubaine. Nonobstant tous les obstacles qui peuvent se dresser sur la route de la conquête des marchés internationaux par l’Algérie, force est de constater que certains des produits fabriqués localement n’ont rien à envier aux traditionnelles marchandises de renommée mondiale, à l’image de la qualité des produits algériens agricoles, agroalimentaires et ceux des industries manufacturière, électronique et de l'électroménager, alors que la couverture de la demande nationale pour ces articles est largement assurée.

2019 sera l’année des exportations hors hydrocarbures par excellence, c’est le moins que l’on puisse dire si l’on croit le ministre du Commerce, Saïd Djellab, qui ne rate pas une seule occasion lors de ses déclarations médiatiques pour exprimer sa grande détermination à relever ce défi, allant jusqu’à en faire une affaire presque personnelle. En mettant le « turbo » dans sa politique de l’exportation hors hydrocarbures, Djellab ne veut pas rater le train en partance vers des pays à conquérir qu’ils soient en Afrique ou ailleurs dans le monde. La première étape de ce « parcours du combattant » est avant tout celle de l’établissement d’une stratégie basée sur une prospective et des objectifs raisonnables à long terme.

De ce point de vue, le projet de la mise en place d'une Stratégie nationale d'exportation (SNE), permettant la diversification de l'économie nationale et des exportations, est pratiquement finalisé avant d’être soumis à l’appréciation du gouvernement. Aussi, le document de la nouvelle SNE est une référence qui servira d’appui conseil pour la construction du futur modèle de la politique algérienne dans le management des exportations hors hydrocarbures.

Une aubaine pour se libérer du tout pétrole

Aujourd’hui plus que jamais, l’Algérie est dans l’obligation absolue de se libérer de l’addiction au tout pétrole en activant tous les leviers susceptibles de contribuer d’une manière ou d’une autre à la promotion des exportations hors hydrocarbures. Le peu d’expérience acquis dans le domaine de l’exportation de ses divers produits doit être exploité à bon escient. Pour ce faire, l’Algérie compte participer à 29 salons en Afrique sur 53 internationaux hors le pays durant la période 2019- 2020. Ces salons ont été couronnés par la signature d'importants contrats d'exportation, comme l’a récemment souligné le ministre du Commerce, à l’exemple de la signature de pas moins de 25 contrats durant le Salon de Nouakchott (Mauritanie) ainsi 12 contrats durant le Salon de Libreville (Gabon). C’est déjà un bon début pour entamer dans de bonnes conditions les travaux du grand chantier qui attend et les pouvoirs publics et les opérateurs économiques qui se sont investis dans l’acte d’exporter.

La bataille sur le terrain de la concurrence entre les nations ne sera pas de tout repos, sachant que le processus de la libéralisation des échanges commerciaux à travers la planète a déjà « des cheveux blancs ».

D’ailleurs, il suffit de prendre connaissance de la guerre commerciale qui sévit ces derniers mois entre les deux puissances économiques, que sont les États-Unis et la Chine, pour mesurer la complexité de la chose. Nonobstant tous les obstacles qui peuvent se dresser sur la route de la conquête des marchés internationaux par l’Algérie, force est de constater que certains des produits fabriqués localement n’ont rien à envier aux traditionnelles marchandises de renommée mondiale, à l’image de la qualité des produits algériens agricoles, agroalimentaires et ceux des industries manufacturière, électronique et de l'électroménager, alors que la couverture de la demande nationale pour ces articles est largement assurée. A ce propos, il y a certainement un coup à jouer dans la cour des anciennes puissances coloniales.

Halte aux contraintes qui bloquent les exportateurs

Le ministre du Commerce a reconnu qu’il existe effectivement une multitude de préoccupations et de difficultés, souvent soulevées par les entreprises d'export, soulignant qu’elles sont prises en charge et que des efforts sont en train d’être déployés pour leur trouver des solutions adéquates.

Le ministre a également expliqué que la réussite des opérations d'exportation n'est pas uniquement définie par le prix de revient du produit sorti d'usine ou de l’exploitation agricole, mais il est déterminé de manière proportionnelle par rapport au prix de la logistique de placement de ce même produit sur les marchés extérieurs ainsi que par les coûts du marketing, tout en tenant compte du rapport prix-qualité et les moyens de communication. Ces problèmes, dont on va citer quelques uns, vont de la cherté du transport à la chaîne logistique et demeurent parmi les points noirs du système algérien de l’activité des exportations, notamment lorsqu’il est question d’exporter des produits vers des pays africains et arabes. De leur côté, les opérateurs économiques recommandent que les transports aérien et maritime soient appelés à se conformer aux besoins des exportateurs nationaux de différentes tailles, signifiant que l’exportation est surtout une affaire de coût et de timing. L’autre insuffisance constatée par les exportateurs est celle du défaut de la présence de bureaux de liaison et de distributeurs connectés aux marchés étrangers et l’absence d’équipements modernes permettant les chargements et déchargements des marchandises au niveau des ports et aéroports.

D’autres preuves de la défaillance des institutions financières ont été soulevées à maintes occasions par les exportateurs concernant, notamment, la lenteur de rapatriement des devises suite aux opérations d'exportations ainsi que l’absence de la possibilité de paiement des services au niveau international en raison des limites des Incotem (droits et devoirs des acheteurs et des vendeurs participant à des échanges internationaux et nationaux des opérations d’exportations et le rapatriement des devises). Ils soulèvent, aussi, le manque de laboratoires chargés de l'accompagnement de la normalisation des produits exportés, considérant cela comme un important point faible des exportations algériennes.

L’Algérie frappe à la porte de la CEDEAO

Ce n’est guère fortuit que les pays maghrébins sont en train de faire la queue devant la porte de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour décrocher une adhésion en bonne et due forme (Maroc) ou comme c’est le cas de notre pays qui envisage d'entamer des négociations en vue de conclure un accord commercial préférentiel entre les deux parties, selon le ministre du Commerce, Saïd Djellab : « Nous allons négocier sur un accord commercial préférentiel avec la CEDEAO permettant la facilitation d'accès des produits algériens à cette zone qui représente un marché de 300 millions de consommateurs », avait-il, notamment, indiqué lors de la dernière Foire de la production algérienne.

L'Algérie ciblera, par la suite, des marchés des pays de l'Afrique centrale et australe, a ajouté le ministre. Cela reflète, selon lui, « l'orientation stratégique du pays vers son continent qui représente un espace naturel. L’Algérie est un pays pionnier en Afrique, et nous devons intégrer un contenu économique dans notre relation diplomatique et politique distinguée sur le continent, un objectif que nous cherchons à atteindre ». « Nous avons une marge de manoeuvre très importante avec les pays de l'Afrique, d'où la nécessité pour nous d'oeuvrer à ce que l'Algérie décroche sa part sur ce marché », a-t-il encore soutenu.

Enfin, dans le chapitre des prochaines cibles du ministère du Commerce figure l’accord de libre-échange dans le cadre de la zone de libre-échange africaine (Zleca). C’est d’ailleurs un objectif à long terme que les responsables du ministère du Commerce ont inscrit dans leur agenda puisqu’il n’est pas considéré comme priorité à l’heure actuelle, arguant du fait que dans la conjoncture actuelle, l’Algérie n’aura aucun avantage.

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