Planche à billets : Plein régime pour 2019

Redoutable. Le recours, une fois encore, à la planche à billets pourrait être très négatif pour l’économie nationale. La chute de la valeur de la monnaie nationale qui va en résulter n’épargnera pas l’économie nationale avec tout ce que cela peut avoir comme effet sur les finances du pays et surtout sur le pouvoir d’achat des citoyens.

Le 23 décembre dernier, l’APN aura été témoin d’une surprenante déclaration de la part du gouverneur de la Banque d’Algérie, une déclaration qui renferme, en son contenu, tous les éléments permettant de confirmer les craintes exprimées par les économistes et les spécialistes de la finance quant au dérapage lié à l’abus de l’utilisation de la planche à billets comme moyen de financement de l’économie nationale.

Situation très risquée d’autant plus que la destination de l’argent imprimé va financer, en priorité, les dettes des entreprises publiques et non pas, comme il était prévu, le déficit budgétaire et ce, afin de maintenir les prix subventionnés à leurs niveaux actuels, particulièrement ceux de l’énergie. C’est ainsi que le chiffre astronomique de 5.200 milliards de dinars a été annoncé par le premier banquier du pays comme monnaie imprimée en 14 mois, avec 1.200 milliards de dinars imprimés pour le seul mois de novembre.

Des chiffres qui font froid dans le dos, particulièrement si l’on se hasarde à convertir le chiffre en dollars, soit près de 45 milliards de dollars, l’équivalent de 25% du PIB du pays, selon les spécialistes en la matière et dont les interventions ont été rapportées par la presse.

Situation surréaliste à laquelle s’attendaient tous les spécialistes, mais certainement pas à cette proportion. Le dérapage est toujours de mise, car voyant des effets positifs et immédiats en trompe-l’oeil, les gouvernements qui engagent cette solution tendent toujours à lâcher la main et à en faire toujours un peu plus, sans comptage ni mesure, que ce soit en amont ou en aval de l’opération.

Une promesse impossible à tenir

Face à cela, le gouvernement a promis, au cours du mois d’octobre dernier, que l’année 2019 connaîtra une situation meilleure, avec une quantité minime de billets imprimés, voire nulle, car, selon les prévisions qui émanaient du directeur général du Trésor public, les indicateurs économiques seraient en amélioration pour l’année 2019, dont le plus important est celui de la hausse de la fiscalité pétrolière et ordinaire.

Il est plus que probable que cette promesse ne sera pas tenue, car le déroulement des évènements aux échelles nationale et internationale prédit le contraire. A elle seule, la chute des cours du pétrole qui a secoué le marché international au cours du mois de décembre, de l’ordre de 28%, soit de 86 dollars à 59 dollars, fausse complètement la donne de la prédiction du directeur général du Trésor public.

Il s’agit d’un scénario qui risque de se répéter pour toute l’année 2019, car les Etats-Unis n’entendent pas rester les bras croisés face à la hausse des prix du pétrole et agiront de tout leur poids sur le cours des évènements géopolitiques, ainsi que sur l’influence qu’ils pourront avoir sur l’Opep pour maintenir des prix relativement bas puisqu’ils sont les premiers acheteurs à l’échelle mondiale de l’or noir.

Cela s’ajoute au comportement populiste du gouvernement algérien qui n’entend rien changer de sa politique de subvention qu’il a toujours adoptée et qui lui a servi à maintenir le calme au niveau social. Les dépenses continueront à enregistrer des montants importants, malgré les signes d’une grave crise qui risque de frapper le pays et sa stabilité.

En effet, la Loi de finances pour l’année 2019 prévoit bien une hausse substantielle du budget de fonctionnement. Aucun investissement ou réforme favorisant le changement n’est encore à prévoir pour l’amélioration du recouvrement des dettes fiscales non encaissées, notamment par la réduction des dépenses budgétaires des différentes institutions de l’Etat, la captation de l’argent circulant dans l’informel, ou le renforcement de l’investissement dans le sens de la diversification de l’économie pour la détacher de son rythme rentier.

Planche à billets, une solution à haut risque

Toutes les conditions sont réunies pour une année avec une planche à billets tournant à plein régime, d’autant plus que l’idée du recours à un endettement à l’international est complètement impensable pour le gouvernement, qui en est vacciné depuis la restructuration des années 1990, ayant fait payer au pays un lourd tribut en fermeture d’entreprises, de compression d’effectifs et d’ouverture sauvage sur l’importation.

Simplement, le recours une fois en core à la planche à billets pourrait être très négatif pour l’économie nationale. La chute de la valeur de la monnaie nationale qui va en résulter n’épargnera pas l’économie nationale avec tout ce que cela peut avoir comme effet sur les finances du pays et surtout sur le pouvoir d’achat des citoyens. Il ne faut pas perdre de l’esprit que l’Algérie n’a ni une économie productive ni une tendance exportatrice.

Il est bien entendu question, à ce niveau, de l’exportation hors hydrocarbures, car la vulnérabilité de l’exportation mono produit, et pétrolière en plus, risque d’aggraver les choses, au vu de la situation décrite plus haut. Dossier à suivre minutieusement, surtout avec les prochaines échéances électorales qui ne feront qu’accentuer la fermeture des portes à toute initiative réformatrice, en attendant le résultat des courses.

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