Prix du pétrole : Le piège s'est refermé !

Incertitude. Si le fait déjà de considérer le prix de 80 dollars comme un seuil insuffisant, alors qu’il s’agit d’un summum depuis la fin 2014, que dire du prix de 62 dollars qui constitue un scénario complètement pessimiste et ce, concomitamment avec la promulgation d’une loi de finances dont le prix de référence est de 50 dollars ?

La Loi de finances 2019 vient d’être signée par le président de la République et ce, après un long débat qui a soulevé beaucoup de questions, notamment celles relatives à l’évolution du montant du budget de fonctionnement au détriment du budget d’équipement qui a connu une baisse par rapport à l’année dernière.

Il est à noter également que la Loi de finances pour cette année connaît le maintien, voire le renforcement-même de la politique sociale par l’Etat et ce, par le maintien des transferts sociaux, vu qu’elle intervient à un moment critique à tous les niveaux : l’approche de l’échéance des présidentielles et le prix instable du baril de pétrole duquel dépend l’économie nationale toute entière. Deux faits qui ont complètement mis le pays dans une atrophie économique et politique sans précédent.

Il y va sans dire que les décisions structurantes d’ordre économique et même politique, seules aptes à faire sortir l’Algérie de l’impasse, sont loin de constituer la priorité pour le moment, malgré la nécessité et l’urgence de leur mise en oeuvre. L’Etat laisse ainsi de côté toutes les bonnes résolutions lui permettant de redresser la barre, à l’exemple de la réforme du système des subventions au profit du prolongement d’une politique et ce, dans le seul but de maintenir l’accalmie populaire.

Maintenir le rythme actuel des dépenses, une grave erreur

Cette situation est concomitante avec la stagnation que connaît le pays sur les plans économique et politique du fait de la focalisation de toute l’attention sur un seul sujet, à savoir l’échéance électorale prochaine et les décisions y afférentes. Comme quoi, un événement qui est censé ne pas entraver, ou tout au pire ne pas paralyser le fonctionnement des institutions de l’Etat et de la vie économique du pays conditionne aujourd’hui chaque mouvement, chaque geste et chaque action qui sont habituellement faits dans un cadre normal sans attache à un quelconque événement politique.

C’est à ce moment précis, et sous ces conditions précisément, que certaines voix s’élèvent pour alerter sur la probable survenance d’une crise sévère dans le cas où le gouvernement s’obstine à maintenir le rythme actuel des dépenses de fonctionnement et du statu quo, sans engager des efforts dans le sens du contrôle rigoureux de la destination des dépenses, c'est-à-dire dans le sens de la maîtrise des dépenses budgétaires et de lutte contre des phénomènes qui ont largement pris le dessus dans les pratiques économiques.

Les hydrocarbures, seule source de revenus

L’objectif ici est de faire remarquer que le rythme des dépenses dont nous parlons s’appuie toujours sur une seule source de revenus, celle de la vente des hydrocarbures, qui sont, et resteront probablement pour longtemps, le moyen de financement quasi unique.

Seulement, les prix instables de l’or noir n’attendent pas les dissipations des craintes pour changer de tendances. Il n’y a qu’à voir l’influence des événements politico-diplomatiques de ces derniers jours sur le cours du pétrole, à l’image de l’affaire Khashoggi qui a défrayé la chronique avec ses retombées sur le plan géostratégique. L’on observe comment influe le tiraillement entre, d’un côté, l’Administration américaine qui veut influencer de tout son poids pour faire baisser le cours du pétrole jusqu’à 40 dollars le baril, et de, l’autre côté, une Opep qui commence à perdre de la vitesse à cause de la fragilité de la position d’engagement de l’Arabie saoudite envers elle pour maintenir des niveaux de production qui permettent d’exercer des prix de vente acceptables.

Dans tout ce sillage, s’il y a des parties qui ressentent bien les effets de cette instabilité politique et diplomatique, ce sont bien les pays dont le seul revenu est celui de l’exportation du pétrole, et l’Algérie en est l’exemple le plus édifiant.

Cela sans parler de l’influence du ralentissement de la croissance économique mondiale, qui se traduit par une moindre demande sur le pétrole. D’ailleurs, certains experts affirment même que l’offre excède la demande sur cette ressource, ce qui expliquerait la stagnation relative du prix du baril.

Inquiétude constante face aux fluctuations des prix du pétrole

Il y va sans dire que l’Algérie restera encore pour longtemps accrochée à ce prix, retenant son souffle à chaque fin de période en attendant que les prix soient arrêtés tout en espérant, à chaque fois, que le niveau des prix soit le plus élevé pour souffler un coup.

La chute brutale que connaît le prix du pétrole, depuis son ascension historique du mois d’octobre dernier vers les 86,7 dollars, à 62,8 dollars, soit une chute de 28%, a sérieusement inquiété à haut niveau en Algérie, si bien que toutes les actions nécessaires ont été entreprises pour la tenue d’un sommet extraordinaire de l’Opep afin de convaincre les membres, particulièrement les plus influents comme l’Arabie saoudite, de concéder à une éventuelle diminution de la production. Pas si évident au vu de la sensibilité des enjeux de part et d’autre.

Le piège du pétrole se referme sur l’Algérie à tous les niveaux : politique, économique, social, géostratégique… à tel point que les options qui s’offrent à elle pour parer en urgence aux effets de la crise qui se profile sont quasi nulles, du fait du modèle économique adopté, à caractère social.

Si le déjà fait de considérer le prix de 80 dollars comme un seuil insuffisant, alors qu’il s’agit d’un summum depuis la fin 2014, que dire du prix de 62 dollars qui constitue un scénario complètement pessimiste et ce, concomitamment avec la promulgation d’une loi de finances dont le prix de référence est de 50 dollars ?

L’inquiétude augmente d’autant plus que le gouvernement n’affiche aucune intention de changer de modèle économique, préférant maintenir un statu quo jusqu’à ce que la question des présidentielles soit élucidée. De quoi dire que l’on n’est pas sorti de l’auberge.

Dossier brûlant à suivre minutieusement, en espérant qu’aucun événement fâcheux ne vienne enfoncer le clou de la baisse des niveaux des prix du pétrole, tout cela afin que le pays puisse garder la tête hors de l’eau. En espérant de meilleurs jours et une meilleure gestion.

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