Pollution du lac de Réghaïa : Les entreprises industrielles pointées du doigt

Alarmant. Le cas particulier du lac de Réghaïa, à l’est d’Alger, est d’une importance capitale de tout point de vue, à telle enseigne que la Direction de l'environnement de la wilaya d'Alger a procédé, en 2016, au lancement d'une étude portant sur la réhabilitation et la protection de ce lac en raison de la grande détérioration qu’a connue cette réserve naturelle.

La sonnette d’alarme tirée de nouveau

A en croire un responsable de la circonscription des forêts d’Alger-Est, l’ensemble des entreprises activant au niveau de la zone industrielle de Rouiba-Réghaïa concernées par les rejets de leurs déchets solides et liquides directement dans le lac de Réghaïa ont répondu à 100% aux mises en demeure qui leur ont été adressées par la wilaya d'Alger, les sommant de créer leurs propres stations d'épuration des eaux usées. Cette déclaration a été faite le 2 février dernier en marge d'une journée de sensibilisation à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale des zones humides.

Il était temps que les pouvoirs publics passent à l’action pour mettre un terme à cette agression volontaire et récurrente de l’une des plus importantes zones humides parmi les quelque 2.300 que compte notre pays.

Le problème des zones humides en Algérie

Le Docteur Farès Kessasra, maître de conférences et directeur de recherches en hydrologie et hydrogéologie à l'Université de Jijel, avait relevé, en connaissance de cause, que le Lac de Réghaïa est autant pollué en métaux lourds que l'oued El-Harrach.

De manière générale, le plus grand péril que peuvent subir les zones humides est sans aucun doute celui de leur proximité avec une zone d’activité industrielle ou bien d’intense urbanisation. Le cas particulier du lac de Réghaïa, à l’est d’Alger, est d’une importance capitale de tout point de vue, à telle enseigne que la Direction de l'environnement de la wilaya d'Alger a procédé, en 2016, au lancement d'une étude portant sur la réhabilitation et la protection de ce lac en raison de la grande détérioration qu’a connue cette réserve naturelle.

Une étude exhaustive de la situation du lac a été engagée en 2018 dans le but d’identifier la nature exacte des éléments chimiques qui portent préjudice à la faune et à la flore qui composent cet espace naturel. Il faut souligner que ce dernier est menacé par une pollution croissante en raison du déversement des eaux usées (chimiques) des unités relevant des deux plus importantes zones industrielles de l’Algérie, à savoir Rouiba et Réghaïa. Pour remédier à cette situation, des mises en demeure ont été adressées à ces entreprises par la wilaya d'Alger, les sommant de créer leurs propres stations d'épuration des déchets industriels, selon des responsables de la wilaya d'Alger. Aussi, pendant de longues années, les eaux du lac de Réghaïa ont été exploitées pour l'irrigation des terres avoisinantes, ce qui menace l'existence des oiseaux locaux et migrateurs.

La pollution industrielle, un fait réel

En 2017, le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement de l’époque avait recensé pas moins de 1.400 points noirs de rejet de déchets et d’eaux usées et industrielles polluant le littoral et les lacs au niveau national. Cependant, une enquête entreprise par l'Agence du bassin hydrographique (ABH) dans 26 unités industrielles situées dans la zone industrielle Rouiba-Réghaïa est arrivée à la conclusion que huit usines ont présenté une charge polluante très élevée dépassant les taux maximaux édictés par la réglementation en vigueur.

Pis encore, l'ABH Algérois-Hodna- Soummam a levé le voile sur le dramatique cas de pollution industrielle constaté au niveau de la ZI en question. Cette agence régionale a parallèlement évalué le niveau de la charge polluante, c'est-à-dire les valeurs de concentration des rejets des eaux résiduelles dans cette zone industrielle pour déterminer l'ampleur des dégâts causés à l’écosystème de la région étudiée.

Dans le langage des chiffres, il s’agit de 34.000 kg/jour de rejets industriels liquides qui sont produits par les unités de cette zone industrielle. Aussi, seul un volume de 5.000 kg/jour de rejets est soumis à un traitement in situ. Le reste des effluents est acheminé par le réseau d'assainissement public pour être ensuite déversé carrément dans la nature.

Préservation des sites, beaucoup reste à faire

Comme pour toutes les problématiques environnementales en Algérie, la réalité des actions est largement moins manifeste que l’enthousiasme ainsi que l’optimisme des discours politiques. Malgré des fonds nationaux et internationaux conséquents mobilisés pour protéger et étudier ces sites, malheureusement, la menace persiste au grand dam des amoureux des zones humides. De plus, le plan de gestion intégré qui a été conçu à grands frais pour améliorer sa situation tarde depuis des années à être mis en application.

Les lois existent, les organismes ont été créés, les fonds mobilisés, mais au final, peu de résultats probants et durables sont enregistrés !

Et le rôle des associations environnementales ?

Là aussi, il est très difficile de répondre de manière précise à une telle question. Premièrement, parce que la plupart des associations qui militent dans le domaine de la production environnementale ne sont, hélas, que des « cellules dormantes ». Elles activent que très peu sur le terrain, et le plus souvent, elles ne sortent de leur léthargie que pour participer à la célébration des festivités telles que la Journée mondiale des zones humides. Pour celles qui tentent de mener des actions pour lutter contre les agresseurs de la nature, malheureusement, elles se comptent sur les doigts d’une seule main et généralement, elles souffrent d’un déficit en formations ou en connaissances tant managériales que scientifiques.

Tout compte fait, elles se voient souvent incapables d’assumer les nobles missions pour lesquelles elles ont été créées.

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