La récupération : Un comportement à généraliser avant de parler d'industrie

Recyclage. Tous les écrits, qu’ils soient publiés dans la presse ou le fruit de recherches scientifiques dans le domaine technique et industriel, s’accordent à dire que la récupération constitue un gisement extraordinaire pour la production de biens matériels susceptibles de constituer une solution de substitution pour diminuer l’impact de la fabrication à base de matière première importée.

La solution en question n’est pas profitable sur le plan financier uniquement, du fait de la diminution de la facture d’importation, mais aussi sur le plan énergétique et écologique pour tous les gains qu’elle va générer. Il ne fait aucun doute que l’avantage qualité/coût dépasse de loin celui de la production conventionnelle à partir de la matière première.

D’ailleurs, la majeure partie des idées des auteurs dans ce domaine, et rapportées par les différents médias, convergent vers les nouvelles techniques de récupération des matières premières du recyclage, à leur tête le plastique et le papier, et décrivent en détail les processus industriels et les prouesses technologiques industrielles de pointe en la matière.

Le travail indispensable en amont du processus

Si un sujet reste bien inhérent à ce domaine, c’est bien celui de la logistique, c’est-à-dire tout ce qui a trait à l’approvisionnement en matière première pour assurer la continuité et la maintenance de la cadence de la production. Aussi, fallait-il étudier les questions relatives aux réseaux de distribution en la matière et surtout les principales sources de cette matière. Nul ne doute que la première source de matière première pour l’industrie de récupération est les déchets ménagers. Nous sommes, nous les ménages, le gisement principal, et les statistiques rendues par l’Agence nationale des déchets montrent que la quantité n’est pas du tout négligeable, bien au contraire.

Selon les chiffres, la quantité de déchets produite actuellement en Algérie tourne autour des 34 millions de tonnes, et elle devrait passer, suivant les prévisions faites sur la base des tendances de l’évolution de la population, à 73 millions de tonnes en 2035. Des chiffres à prendre très au sérieux, car la gestion d’une telle quantité nécessite une réelle mobilisation, non seulement de la part des pouvoirs publics qui devraient encourager toute initiative visant à la création d’entreprises de récupération, pour peu que celles-ci soient créatrices d’emploi et de valeur ajoutée, mais aussi, et surtout, de la part du citoyen simple et des entreprises qui en sont les principaux générateurs.

En ce qui concerne les entreprises, le processus du tri ne devrait pas poser de problème à partir du moment où l’organisation de chacune intègre dans son processus industriel une activité de tri des déchets pour faciliter la tâche de celle qui prendrait le relai à la collecte, et elle le ferait soit pour ses propres besoins, ou bien en tant que service pour le compte de tiers industriels moyennant une rémunération adaptée.

L’implication du citoyen est nécessaire

En ce qui concerne le citoyen, tout un travail est à faire afin qu’il adhère à la démarche de mise en place et de mise en oeuvre d’un dispositif global de récupération et de valorisation des déchets à l’échelle nationale. Cette adhésion est surtout un comportement qui est non seulement à inculquer, mais aussi à faciliter. Il n’est pas question ici de dire qui commence à faire, car cela reviendrait à vouloir trancher sur le paradoxe de l’oeuf et de la poule, mais bien de proposer une façon de faire pour l’ensemble des parties prenantes dans cette équation : pouvoirs publics, classe des entreprises et individuels professionnels, et surtout le citoyen simple qui a souvent tendance à croire que sa responsabilité s’arrête au seuil de sa porte.

L’adhésion du citoyen étant nécessaire, il est possible de la booster par quelques obligations d’ordre réglementaire, à l’exemple de la réinstauration des horaires de sortie et de collecte des ordures ménagères, sous forme d’obligation taxable de pénalités en cas de manquement, de l’inciter à procéder au tri des principales matières (plastique, papier, autres…) au départ afin de faciliter l’opération de collecte par les opérateurs dans cette activité.

Le geste écologique devrait être intégré dans le processus de l’éducation ainsi que par des campagnes de sensibilisation sur la question de la nécessité du recyclage dans le puzzle de l’industrie pour les avantages qu’il procure. Le geste citoyen est un comportement à favoriser chez le citoyen en premier lieu, pour le généraliser ensuite à tous ceux qui peuvent contribuer à son organisation.

Le rôle non négligeable des pouvoirs publics

Enfin, la démarche inclut tout naturellement, comme partie prenante, l’Etat à travers ses institutions de proximité et ses collectivités locales afin d’instaurer des règlements favorisant le geste de récupération chez le citoyen. L’exemple de la généralisation des vide-ordures destinés au tri, déjà engagée par certaines communes, qui est une bonne initiative en soi, permettrait de travailler en amont du processus de recyclage des déchets, et il serait assorti aux mesures à faire appliquer que l’on vient de citer. L’un des moyens d’encouragement que peuvent consentir les pouvoirs publics pour les intervenants au niveau de la chaîne de recyclage serait celui de l’attribution d’aides pour les entreprises qui désirent investir dans les activités de collecte et de tri des déchets pour les besoins des industriels de la récupération. Ces aides seraient attribuables, par exemple, dans le cadre de l’acquisition des chaînes de tri, sous forme de financement pour l’activité recherche et le développement pour les industriels en quête de mise en place de nouvelles techniques de recyclage.

A ce titre, il est utile de rappeler à quel point souffre le domaine de la récupération des déchets du fait de l’absence de créativité au niveau de nos entreprises, et même si les fruits de cette fonction sont un vrai coup de poker, sa chance de réussite est des plus élevée dans le domaine du recyclage, à partir du moment où le recyclage participe à une baisse substantielle des coûts d’achats des matières premières et des coûts de transformation, et de ce fait, des coûts de revient des produits et de leurs prix de vente.

Serons-nous aptes à intégrer le geste écologique dans la nomenclature des comportements à adopter pour accélérer notre entrée dans une ère moderne ? Moderne non pas par la technologie et la sophistication matérielle, mais bien par un esprit favorisant la réflexion et le bon comportement qui génèrent le bon geste. Cela est plus que souhaitable.

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