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Recyclage des déchets : Un marché prometteur mais des efforts restent à fournir

Déstructuré. Le marché du recyclage des déchets en Algérie est estimé à 38 milliards de dinars. Un montant qui devrait susciter les opérateurs économiques à saisir cette opportunité pour développer l’investissement dans ce domaine.

En plus de sa contribution à l’amélioration des conditions de vie des citoyens à travers l’élimination des déchets, l’investissement dans le secteur offre la possibilité de recyclage et de récupération de nombreux matériaux actuellement jetés dans la nature, tels que le fer, le plastique, l’aluminium et le papier ; des matériaux importés jusqu’à présent au prix fort.

Cependant, cette importance devrait aussi secouer le marché du recyclage des déchets qui reste déstructuré par le manque d’organisation entre les différents intervenants. C’est l’avis partagé par la majorité des professionnels qui estiment que malgré que le marché soit prometteur, que la matière première existe et que de nombreuses petites et moyennes entreprises soient prêtes à investir le terrain, il y a encore un manque de coordination, une absence de rigueur et, surtout, des intervenants informels qui empêchent l’installation de mécanismes nécessaires à l’optimisation du secteur.

A signaler que seuls 5 à 10% des 13 millions de tonnes de déchets annuels (tous types confondus) générés par les ménages et les industries sont aujourd’hui récupérés. Aussi, il est difficile de parler de l'industrie du recyclage en Algérie, au vu des tonnes de déchets, sachets en plastique, bouteilles en verre, papier et métaux qui traînent partout. Malgré de nombreuses démarches et projets tendant à développer cette activité économique, il n'en demeure pas moins que les capacités de recyclage sont bien en deçà des besoins exprimés, et le marché reste encore dans le besoin de nouveaux investissements et surtout d'organisation pour absorber tant de produits et les transformer pour d'autres usages. Pourtant, les pouvoirs publics mettent en avant les avancées permises par la Stratégie nationale de la gestion des déchets, notamment à travers le Programme national de gestion des déchets solides municipaux (Progdem) et le Plan national de gestion des déchets spéciaux (Pnagdes).

Les professionnels saluent, en outre, l’initiative du groupe Lafarge d’éliminer les déchets en utilisant les fours de la cimenterie, ce qui a permis, durant les deux dernières années, d’éliminer 106 tonnes de médicaments périmés recueillis dans 12 wilayas du pays, en coopération avec le ministère chargé de l’Environnement et le Syndicat national algérien des pharmacies et officines (Snapo). L’élargissement de cette initiative fait l’objet d’un autre projet du même groupe proposé à la Direction de l’environnement de Mascara.

Autres initiatives, six entreprises ont investi le domaine de la gestion des déchets à travers les dispositifs d’aide à l’emploi et la création d’entreprises, en l’occurrence la Cnac et l’Ansej. On peut citer IM Recyclage et Environnement, créée en 2015, et Top Rcycl, créée en 2013, deux entreprises montées grâce à l’Ansej et qui ont fait le pari de se frayer une place dans le marché.

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