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Le smart building : Un concept qui nous dépasse ?

Déception. L’expression de ville intelligente désigne une ville qui utilise la technologie de l’information et de la communication pour l’amélioration du cadre de vie et la qualité des services urbains ; autrement dit, une ville qui utilise des capteurs de collecte des données électroniques pour fournir des informations qui permettent de gérer efficacement les ressources et les actifs de cette ville.

Avant le lancement de sa construction, la ville de Sidi Abdallah était promise à être une ville intelligente et un pôle technologique de taille en mesure de relever les défis de l'ère numérique et de constituer un pôle technologique capable de contenir la transformation de la ville algérienne, soit une ville connectée destinée à abriter toutes les initiatives des jeunes entrepreneurs visant à créer des start-ups, comme l’imaginaient les grands teneurs de ce projet.

Elle devait aussi permettre d'offrir un cadre de vie agréable pour ses futurs habitants, tout en leur assurant les commodités nécessaires pour rester à la page. Ainsi, espaces verts, locaux et centres technologiques et autres aménagements étaient promis avec des délais de réalisation défiant les normes. Mais, à la grande déception de tous ceux qui attendaient l’aboutissement de ce projet, le programme ambitieux a non seulement pris beaucoup de retard lors de sa réalisation, mais la contenance du projet a aussi été détournée de sa vocation, pour devenir une échappatoire pour le gouvernement pour le règlement d’une partie de la crise du logement avec quelques milliers d’appartements distribués dans le cadre des programmes de l’Etat.

Le rêve de la ville intelligente et connectée s’est retrouvé ainsi à battre en brèche pour des actions sociales, en attendant des jours meilleurs. A ce propos, il y a matière à débattre à propos du concept de ville intelligente, qui a été pendant longtemps scandé avant d’être abandonné. L’expression de ville intelligente désigne une ville qui utilise la technologie de l’information et de la communication pour l’amélioration du cadre de vie et la qualité des services urbains ; autrement dit, une ville qui utilise des capteurs de collecte des données électroniques pour fournir des informations qui permettent de gérer efficacement les ressources et les actifs de cette ville. Les domaines d’intelligence des villes qui sont concernés par l’amélioration sont au nombre de six : l’économie, la mobilité, l’environnement, les habitants, le mode de vie et l’administration. En fait, les définitions d’une ville intelligente diffèrent mais elles se convergent toutes vers une idée principale : celle de l’utilisation des TIC.

Les technologies de l’information et les technologies vertes sont les deux piliers dans la construction d’une ville intelligente puisque les technologies de l’information doivent permettre la récolte des informations en temps réel afin d’optimiser la gestion de la ville. Quant aux technologies vertes, elles sont indispensables pour la gestion efficiente des ressources en eau, en énergie et en amélioration du cadre de vie. C’est dans cette optique d’efficacité et d’efficience qu’un autre concept, en relation avec celui de la ville intelligente, est apparu, celui du smart building. Il s’agit de bâtiments qui contiennent des systèmes intelligents, ce qui induit la mise en place de capteurs et/ou actionneurs qui permettent la gestion automatisée des différents équipements du bâtiment, et cela induit également la mise en place d’un réseau de communication intra-bâtiment.

Le smart building vise certains objectifs, dont :
- La fourniture de nouveaux services aux utilisateurs ;
- L’amélioration de la gestion de l’énergie ;
- La réduction de la consommation de l’électricité, du gaz et de l’eau ;
- L’amélioration du confort des usagers ;
- La facilitation du travail des équipes de maintenance.

Au niveau du vieux continent, cette notion de smart building est en vogue du fait qu’elle intègre le développement des TIC, et que la prise de conscience des grandes questions liées à l’efficacité énergétique et au développement durable est à son summum. Aujourd’hui, si cette question prend de l’ampleur au niveau international, il serait intéressant de le prendre en considération en Algérie, particulièrement si l’on sait que la connectivité touche aujourd’hui une large partie de la population. D’ailleurs, l’Algérie connaît l’émergence de quelques sociétés spécialisées dans l’installation des réseaux de tous genres, des sociétés de construction avec un niveau de qualité appréciable et capable d’intégrer les nouveaux modes de construction allant dans le sens de l’efficacité énergétique, ainsi que des sociétés qui activent dans le domaine de la gestion des bases de données.

Tous les ingrédients sont présents pour se lancer dans un projet de smart building, à condition d’y mettre les moyens nécessaires. Cependant, l’élément fondamental pour la réussite de ce type de projet d’envergure et structurant, c’est l’existence d’une volonté politique qui soit au-delà de la gestion de la réalisation. Il est nécessaire que le projet soit le produit d’un parrainage des plus hautes autorités. La réussite d’un tel projet peut, à elle seule, conditionner tout un avenir dans différents domaines, à partir du moment où le modèle pris en compte peut être généralisé.

Le modèle du smart building est un concept, certes, innovateur et engageants, et l’échec de la mise en place de la ville intelligente par lequel sont passés les domaines de la construction et des TIC, rend ceux qui y prétendent assez sceptiques. Mais il faut se rendre à l’évidence qu’une grande réussite passe obligatoirement par relever de grands défis.

Un échec n’entraîne pas forcément un autre. Il y a une vision claire, des objectifs bien déterminés, des moyens à mettre en oeuvre et à la disposition, ainsi qu’un accompagnement fort de la part de la tutelle qu’il faudra réunir. Une réunion difficile mais qui reste du domaine du réalisable.

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