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Politique nationale de l’habitat : Les clefs du gouvernement

Réalisations. Tout compte fait, le pari n’est pas encore gagné, puisque la bataille du logement est une affaire de longue haleine qui exige des engagements permanents en matière d’innovation dans la construction, l’utilisation des matériaux locaux, l’adaptation des énergies renouvelables aux habitations, le respect des normes environnementales sans oublier les spécificités sociales et culturelles de chaque région de notre pays.

Certes, de gros efforts ont été déployés par les pouvoirs publics ces deux dernières décennies dans le domaine du logement grâce à une politique tous azimuts qui a permis de satisfaire une grande partie de la demande nationale en logements. Présentement, le parc de logements compte 9.6 millions d’unités, ce qui a permis de réduire le taux d'occupation des unités habitables à 4,49 personnes en dépit d’une démographie, hélas, toujours galopante.

Les réalisations par les chiffres

Ainsi, si l’on se réfère aux chiffres révélés récemment par le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar, devant les sénateurs, il s’agit de plus de 3.600.000 logements de différentes formules qui ont été réalisés durant la période allant de 1999 à mars 2018, d’un coût de 5.788 milliards de dinars, dont 4.615 milliards consommés. Aussi, la même a connu la livraison à leurs bénéficiaires de plus de 3,6 millions logements, dont 1.176.000 logements publics locatifs (LPL 30%), 1.583.000 logements ruraux (38%), 456.000 logements publics participatifs et promotionnels aidés (LPP et LPA 11%), 156.000 logements location-vente (AADL) (6%), 46.000 logements de fonction (1%), 138.000 logements promotionnels libres (3 %) et 448.000 logements type auto-construction (11%). Abordant le programme quinquennal 2015-2019, le ministre a indiqué qu’il a été enregistré plus de 2 millions de logements de différentes formules, auxquels il faut joindre les quotas des nouveaux programmes au titre des années 2016, 2017 et 2018. Ceux-là prennent en compte près de 698.790 logements de type LPL, soit 33% du programme quinquennal en question, 470.000 logements AADL (22%), 661.898 logements ruraux (31%), 253.031 LPA (12%) et 50.000 LPP (2%).

Poursuivant sa présentation, Abdelwahid Temmar n’a pas manqué de rappeler que son département ministériel a attribué un programme préliminaire de 70.000 logements dans le cadre de cette formule LPA répartis à travers plusieurs wilayas. Cependant, eu égard aux problèmes de tout genre que le secteur a rencontrés ces dernières années, les responsables du secteur se sont tournés vers des solutions alternatives par souci d’efficacité dans la gestion du dossier très sensible de l’habitat. Ainsi, il est devenu indispensable de procéder à une révision de cette formule. L’objectif était celui d’adapter de nouveaux mécanismes qui puissent répondre aux demandes des postulants, notamment les catégories de citoyens aux revenus moyens, d’une part, et aussi de permettre un soulagement de la pression sur le Trésor public, d’autre part. Les services du département ministériel de l’Habitat ont parallèlement intervenu plus en profondeur dans le remaniement des anciens textes, particulièrement en ce qui concerne la réglementation propre à ce type de logements et ce, en vue de l’assainir de quelques insuffisances et mettre en place un cadre à même de permettre de préserver les intérêts de tous les intervenants dans le secteur, a encore souligné le ministre.

A cet effet, il a cité des mesures qui consistent à encourager la contribution des collectivités locales en soutenant leur rôle dans la gestion de ces projets de logements par le biais de la mobilisation du foncier, la sélection des promoteurs, le choix des bénéficiaires, la détermination de programmes en fonction des spécificités locales, outre la mobilisation des ressources financières à travers un seul canal, à savoir la Caisse nationale du logement (CNL) qui assure la continuité du paiement, en dégageant l’aide financière (subventions et contributions des souscripteurs) selon l’état d’avancement des travaux. Les procédures consistent également à garantir le parachèvement des programmes en cas de manquement de la part des promoteurs à travers la consolidation du mécanisme de délégation accordée au Fonds de garantie et de caution mutuelle de la promotion immobilière (FGCMPI), outre la mesure relative à la diversification des types d’habitation, de 2 à 3 pièces ou 4 pièces, d’une surface respectivement de 50, 70 et 80 m2 dans le cadre du nouveau système.

Le ministre a également relevé la nécessité de différencier les prix de vente des logements en fonction de leur type et de leur site et ce, en trois zones délimitées conformément aux dispositions de l’arrêté interministériel du 14 avril 2011 fixant les conditions et modalités de cession de terrains relevant du domaine privé de l’Etat et destinés à l’implantation de programmes de logements aidés par l’Etat. Le ministre a, en outre, fait savoir que d’autres modifications sont en cours et qu’elles devront rendre la formule du Logement promotionnel aidé (LPA) plus attractive et plus rentable pour les différentes parties intervenantes, comme permettre au promoteur d’exploiter 20 à 25% de la surface consacrée à la construction de logements promotionnels, des locaux et des parkings et les vendre sur le marché immobilier libre.

Du reste, les amendements au cadre réglementaire y afférent, notamment le décret exécutif n° 10-235 du 5 octobre 2010 fixant les niveaux de l’aide frontale accordée par l’Etat pour l’acquisition d’un logement collectif ou pour la construction d’un logement rural, les niveaux de revenu des postulants à ces logements, ainsi que les modalités d’octroi de cette aide et le décret exécutif n° 14-180 du 5 juin 2014 portant création du Fonds de garantie et de caution mutuelle de la promotion immobilière (FGCMPI). Ce décret a permis, d’après le ministre, de « généraliser l’accès des postulants aux revenus inférieurs à 6 fois le salaire national minimum garanti (SNMG) et des postulants sans revenus ».

L’année 2019 sera résolument celle du logement locatif promotionnel (LLP)

A en croire les discours du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar, l’année 2019 sera résolument celle du logement locatif promotionnel (LLP). Une nouvelle trouvaille qui va, à coup sûr, enrichir la palette de formules, que le secteur de l’habitat espère lancer les premiers chantiers au cours de l’année. L’approche locative que vise à asseoir le ministre Abdelwahid Temmar consiste à apporter une nouvelle dynamique au marché de l’immobilier avec comme préalable la régulation de ce marché. Il vise également son insertion dans une logique concurrentielle à même de restructurer le marché de la location immobilière qui est régenté par certains voraces qui ont fait de la spéculation immobilière leur dada, voire leur culte.

Le logement locatif promotionnel sera le produit de choix qui va certainement faire des émules et apportera une touche en matière de gestion du parc immobilier, mais aussi répondre à une demande accrue des couches moyennes qui se font arnaquer par les spéculateurs du marché immobilier, qui manipulent les prix selon leurs intérêts. Abdelwahid Temmar compte agir dans la diversification quant aux formules et aux intitulés de logements en vigueur. Cette nouvelle démarche va connaître son lancement durant cette année.

Tout compte fait, le pari n’est pas encore gagné, puisque la bataille du logement est une affaire de longue haleine qui exige des engagements permanents en matière d’innovation dans la construction, l’utilisation des matériaux locaux, l’adaptation des énergies renouvelables aux habitations, le respect des normes environnementales sans oublier les spécificités sociales et culturelles de chaque région de notre pays. Cela dit, c’est une évidence de savoir que l'expérience algérienne en matière d'éradication de l'habitat précaire (débidonvillisation) est un cas d’école, dont la directrice exécutive de l'Onu Habitat l’a qualifiée d'unique en son genre dans le monde.

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