Crise institutionnelle en Algérie : Et maintenant ?

Historique. Ce qui se passe en Algérie depuis la date symbolique du 22 février 2019, avec comme temps fort la démission contrainte de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika, n'est autre qu'une exigence de « la Rue » validée et exécutée par l'Armée nationale populaire qui a fait siennes les revendications « légitimes » de tout un peuple.

L'Algérie s'est réveillée le 23 février 2019 avec un nouveau visage tournant définitivement la page d'une période de son Histoire à jamais révolue, mais non sans prendre comme témoin la communauté internationale. C'était la délivrance, une deuxième indépendance pour les générations post-indépendance qui, certes, n'ont pas connu l'impérialisme et l'oppression du colonialisme français, mais, malheureusement, qui ont été contraintes de boire le calice jusqu'à la lie. Ce qui se passe en Algérie depuis la date symbolique du 22 février 2019, avec comme temps fort la démission contrainte de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika, n'est autre qu'une exigence de « la Rue » validée et exécutée par l'Armée nationale populaire qui a fait siennes les revendications « légitimes » de tout un peuple.

Ce dernier demeure mobilisé, à l'heure où nous mettons sous presse, dans des conditions qui ont forcé l'admiration du monde entier. En fait, la première phase du sursaut national a été mue par des desseins d'un mouvement populaire extraordinaire qui a transformé la solidarité collective en action politique sans précédent.

Premier objectif, une noble mission : remettre sur rails un système qui a déraillé il y a déjà belle lurette et ensuite ouvrir le passage vers le progrès et la prospérité. Autrement dit, « séparer le bon grain de l'ivraie » et éradiquer tout le mal que « la bande » a infligé à l'Algérie durant plusieurs décennies. « Je ne saurai me taire aujourd'hui sur les complots et les conspirations abjectes fomentés par une bande qui a fait de la fraude, de la malversation et de la duplicité sa vocation », a estimé le chef d'état-major et vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah. Effectivement, le pays a été gangrené par les pratiques antidémocratiques, l'injustice, la corruption, l'imposture, l'arbitraire et la violence, et j'en passe… Une Algérie qui est loin d'être celle dont ont rêvé nos glorieux martyrs.

Les excuses de Bouteflika

Dans sa lettre d'adieu aux Algériens, l'ancien président algérien, qui a remis sa démission le 2 avril 2019, est revenu sur ses vingt ans passés à la tête de l'État dans un message adressé aux citoyens. Il a demandé au peuple algérien « pardon pour tout manquement à son égard ». « Je vous remercie tous pour le plus précieux acquis de ma magistrature à la tête de notre pays, la fierté et l'honneur dont vous m 'avez comblé et qui ont été mon leitmotiv pour vous servir quand j 'étais en bon état et même en étant malade. L 'erreur étant humaine, je vous demande pardon pour tout manquement, par une parole ou un geste, à votre égard. » C'est très peu reconnaître l'échec de ses pseudo-réalisations, relevant beaucoup plus du prestige à l'exemple de Djamaâ El Djazaïr, la Grande mosquée d'Alger, que d'une véritable action d'utilité publique.

Cela étant dit, le problème bien plus urgent qui taraude l'esprit de la population algérienne, c'est la suite des évènements que nul ne saurait prévoir au regard de l'évolution de la situation générale qui prévaut présentement dans le pays. C'est admettre aussi que les jours à venir s'annoncent plus incertains que jamais. La phase de transition est désormais un problème de taille. Un profond remaniement ministériel est-il absolument envisageable ?

L'élection présidentielle aura-t-elle lieu à la date prévue ? Quel rôle l' Armée va-t-elle jouer désormais ?

Il s'agit aussi de ce rejet, quasi unanime, par les populations de l'actuel gouvernement. Au delà des nombreux slogans exprimés par le truchement des écriteaux des manifestations, ainsi que les slogans scandés, ne laissant guère place au moindre doute, il y a lieu de relever de quelle manière tous les ministres, là ou ils passent, sont importunés, honnis et rejetés. Ainsi, quand un gouvernement de transition, qui n'est formé que de cadres en apparence apolitiques, n'arrive même pas à gérer les affaires courantes, est-il raisonnable qu'il aura le pouvoir et la capacité « de mener à bon port » un scrutin présidentiel historique et absolument déterminant pour le pays, ainsi que pour la suite des événements.

Quant à la pertinente question du « DÉGAGE » du système des trois « B » et des autres commis de l'Etat, je donne ma langue au chat. Ainsi, il va sans dire que les jours, voire les mois à venir, s'annoncent plus incertains que jamais. Wait and see…

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