Conférence économique pour stimuler les investissements à Gaza et en Cisjordanie : Absurde !

Illégitime. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a reconnu, même à demi-mot, l’échec du futur plan de paix pour le Proche-Orient concocté officiellement par les Etats-Unis. D’ailleurs, bien avant la présentation des aspects économiques de ce plan prévu les 25 et 26 juin lors d’une conférence organisée à Manama, à Bahreïn, désormais, il est rejeté dans le fond et dans la forme par les Palestiniens, alors que rien n’a encore fuité concernant les grandes lignes de ce deal du siècle.

Le plan « peut être rejeté », a affirmé Mike Pompeo, lors d’une rencontre privée le 3 juin dernier en marge de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, selon le Washington Post. Les Palestiniens boycottent l’administration américaine depuis que le président Donald Trump a rompu avec des décennies de consensus en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’entité sioniste en décembre 2017.

Une tournée pour vendre du vent

On ne peut pas évoquer le dernier périple du gendre de Trump, en l’occurrence Jared Kushner, haut conseiller et maintenant envoyé spécial pour la paix au Proche-Orient, sans parler du fameux plan de paix américain entre les Palestiniens et l’entité sioniste. À entendre le président Trump, ce devait être le « deal du siècle ». Que prévoit-il ? Impossible de le dire avec certitude, car il n’a pas été officiellement rendu public à ce jour. Mais des fuites circulent depuis que le chef négociateur palestinien, Saeb Erekat, outré, en a présenté les treize points aux parlementaires palestiniens réunis en janvier à Ramallah.

L’envoyé américain au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, et le conseiller spécial de la Maison-Blanche, Jared Kushner, se sont déplacés dans la région dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient pour discuter des détails non divulgués d’un plan de paix promu par le président américain Donald Trump. Dans une première étape, Jared Kushner et la délégation qui l’a accompagné ont rencontré le roi du Maroc ensuite celui de Jordanie avec lesquels ils ont entamé les discussions concernant plusieurs thèmes, notamment la situation sociale catastrophique actuelle des habitants de Gaza suite au blocus imposé par le colonisateur. En Arabie saoudite, l’émissaire américain a aussi présenté le plan de paix américain au roi Mohamed Ben Selman.

Le 21 juin, c’est au tour du raïs égyptien Abdel el Fatteh el Sissi de recevoir Jared Kushner au Caire. D’après le communiqué de la présidence égyptienne, les pourparlers entre les deux hommes ont concerné principalement la situation en Palestine occupée ainsi que l’amélioration des conditions de vie des Gazaouis. Par la même occasion, le président égyptien a retiré la position constante de l’Egypte concernant la Palestine sur la base des résolutions de l’Onu qui stipulent la solution à deux Etats avec frontières celles de 1967.

Enfin, dernière escale de la délégation américaine en terre arabe, le Qatar, et selon l’agence de presse qatarie, les même sujets évoqués par les autres chefs d’Etat et rois arabes ont été revus par les deux parties, notamment les voies et moyens susceptibles de remettre le processus de paix sur les rails. Une fois la tournée achevée dans les 4 pays arabes, le conseiller de Trump a pris la destination de l’entité sioniste pour rencontrer son ami, le Premier ministre sioniste.

De la poudre aux yeux pour les Palestiniens

L’atelier co-organisé avec les autorités de Manama, intitulé « De la paix à la prospérité », va réunir des dirigeants de plusieurs gouvernements, de la société civile et du monde des affaires. C’est une « opportunité charnière » pour « partager des idées, évoquer des stratégies et encourager le soutien à des investissements et initiatives économiques potentiels qui pourraient être rendus possibles par un accord de paix », a estimé la présidence américaine dans un communiqué commun avec le royaume de Bahreïn. Il s’agit de définir une « vision et un cadre ambitieux et réalisables pour un avenir prospère pour les Palestiniens et la région ». « Si elle est mise en oeuvre, cette vision a le potentiel pour transformer radicalement des vies et mettre la région en orbite vers un avenir plus radieux », a-t-elle insisté. Néanmoins, les responsables palestiniens ne l’entendent pas de cette oreille. Ils y voient une contrepartie financière en échange de l'acceptation de l'occupation sioniste en cours. « Les tentatives visant à promouvoir une normalisation économique de l'occupation de la Palestine seront rejetées », a déclaré M. Erakat. « Il ne s'agit pas d'améliorer les conditions de vie sous l'occupation, mais d'atteindre le plein potentiel de la Palestine en mettant fin à l'occupation par l’entité sioniste », a-t-il ajouté.

C’est la gifle du siècle !

Furieux, le président palestinien, Mahmoud Abbas, s’est emporté contre ce projet d’État discontinu (Cisjordanie morcelée et bande de Gaza), séparé d’El Qods-Est par la barrière de sécurité et sans droit de retour dans l’entité sioniste pour les réfugiés. Bref, Washington enterre le projet de deux États le long de la ligne verte (armistice de 1949) avec leurs capitales à El Qods. Pour soumettre les Palestiniens, Donald Trump comptait sur les pétrodollars du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman. Celui-ci a récemment déclaré au quotidien The Atlantic : « Il faudrait que les Palestiniens acceptent ce qui leur est proposé ou qu’ils la bouclent. » Outre le transfert dans la Ville sainte de l’ambassade des États- Unis, le plan Kushner prévoit d’établir la future capitale palestinienne à Abu Dis – et non pas à El Qods-Est (annexé en 1967 par l’entité sioniste en violation du droit international). Par ailleurs, l’entité sioniste annexerait les grandes colonies juives de Cisjordanie. L’Etat palestinien aurait une police mais pas d’armée.

Les forces de l’entité sioniste garderaient le contrôle sur la vallée du Jourdan et les montagnes de Cisjordanie. Elles se retireraient des localités administrées par l’Autorité palestinienne.

Washington veut le soutien de l’Onu

Les Etats-Unis ont demandé à l’Onu de soutenir leur plan de paix pour le Proche-Orient qui devrait être présenté « bientôt ». Les deux émissaires pour le conflit de l’entité sioniste du président américain Donald Trump, son gendre, Jared Kushner, et le juriste Jason Greenblatt ont demandé à l’Onu son « soutien » à un plan de paix qui pourrait être prochainement finalisé.

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