Scandale des concessions agricoles : Plus jamais ça !

Désastre. Des milliers d’hectares de terres agricoles ont été attribués, à tort et à travers, à des individus sans aucun savoir-faire agricole ni compétence dans le domaine, faisant fi ouvertement de la procédure réglementaire en vigueur comme définie dans les arrêtés et autres cahiers des charges.

Acte 1

Pour bien comprendre le dessous des intrigues de l’affaire de la dilapidation des terres agricoles par le truchement de la procédure des acquisitions de concessions agricoles, il faut nécessairement remonter à l’année 2006. Pour rappel, le premier scandale du lourd dossier des concessions agricoles a éclaté suite au grand tapage médiatique de l’époque de l’ancien ministre de l'Agriculture et du Développement rural, en l’occurrence Saïd Barkat, actuellement sénateur sous la menace d’une levée d’immunité parlementaire, ainsi que l’implication de l’ex-président du FLN, Amar Saïdani, dans le détournement de 3.000 milliards de centimes des fonds de la Générale des concessions agricoles (GCA).

Force est de constater qu’au jour d’aujourd’hui, les tenants et aboutissants de ces actes répréhensibles n’ont pas connu une prise en charge sérieuse de la part de l’appareil judiciaire, sinon comment expliquer que des fonds aussi gigantesques ont été octroyés illégalement à des investisseurs-truands sans en être inquiétés, voire condamnés. Depuis, des milliers d’hectares de terres agricoles ont été attribués à tort et à travers à des individus sans aucun savoir-faire agricole ni compétence dans le domaine, faisant fi ouvertement de la procédure réglementaire en vigueur comme définie dans les arrêtés et autres cahiers des charges. En cette période, la responsabilité de la gestion des terres agricoles relevant du domaine privé de l’Erat était confiée à l’ex-Générale des concessions agricoles, présentement l’Office national des terres agricoles (Onta).

Acte 2

En 2017, une autre histoire d’une concession agricole de 25.000 ha située à El-Bayadh (Sud-ouest) a fait couler beaucoup d’encre. De graves accusations de détournement de deniers publics, de dégradation de l’écosystème saharien (épuisement des ressources de la nappe albienne et affaiblissement de la fertilité naturelle des terres) ont été adressées par des experts nationaux à l’encontre des initiateurs des fameux Méga-projets agricoles du Sud, scellés dans le cadre du partenariat algéro-américain, ce qui n’a pas manqué de provoquer une levée de boucliers de la partie algérienne, notamment par Smaïl Chikhoune, qui n’est autre que le président du Conseil d'affaires algéroaméricain, le chef d’orchestre des accords signés entre l’American International Agriculture Group (AIAG) et le groupe Laâchab, en présence de l’ambassadrice des USA, le 8 novembre 2015 à Alger.

Seulement, cette nouvelle expérience de partenariat agricole algéro-américain, puisque toutes les précédentes ont été sanctionnées par de cuisants échecs (Abadla-Béchar et Gassi Touil-Ouargla) n’a pas du tout convaincu certains analystes économiques et financiers qui ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour « descendre en flammes » tout le bien-fondé des projets en question, mais non sans étayer leurs investigations. Alors que l’enquête signée par l’expert financier Ferhat Aït Ali en février dernier, sous le titre « L’Américain AIAG de l’agriculture saharienne a tout l’air d’un passager clandestin dans le partenariat », fait état, à travers son investigation, d’un pactole de 800 millions de dollars en jeu.

Acte 3

Récemment, dans la foulée de l’opération « mains propres », décidée par les pouvoirs publics dans le cadre des enquêtes anti-corruption, dont des hommes d’affaires et d’anciens hauts responsables de l’État sont vraisemblablement impliqués jusqu’au cou, l'Office national des terres agricoles (Onta) vient de résilier les contrats relatifs à des concessions agricoles, dont avaient bénéficié deux hommes d’affaires très connus sur la place d’Alger. Ces décisions de récupération par l’État de biens indûment et illégalement octroyés viennent d’être prises et appliquées, alors que les auditions sur d’autres affaires de malversations se poursuivent au tribunal de Sidi M’hamed, à Alger.

Plusieurs hauts responsables relevant de dizaines de secteurs d’activités ont été auditionnés dans le cadre d’investigations sur de possibles omissions et infractions de la loi dans l’octroi des licences d’investissements, ainsi que des retards et abandons enregistrés dans la réalisation de plusieurs projets ayant occasionné des dégâts financiers colossaux à l’économie nationale. En outre, la décision de l’Office de procéder à l’annulation des contrats négociés pour l'octroi de concessions intervient dans le cadre des enquêtes et investigations, et suite, aussi, à la demande d’annulation formulée par le groupe ETRHB Ali Haddad, adressée au wali d’El-Bayadh, le 1er avril dernier.

Les médias nationaux révèlent que le groupe Ali Haddad s’est vu octroyer un contrat de concession, portant numéro 8806, qui date du 31 juillet 2016, pour la réalisation d’un projet d’investissement sur une terre agricole d’une superficie de 50.000 hectares, avec pour prévision, l’achat de 20.000 vaches laitières, permettant également de promouvoir l’élevage et la production fourragère sur ces terres. Un projet qui, d’ailleurs, n’a jamais vu le jour. Tout compte fait, l’Etat a quand même récupéré quelque 58.000 hectares de terres agricoles, une superficie non négligeable, qui devront être attribués à d’autres investisseurs plus crédibles, notamment les jeunes porteurs de projets ou investisseurs sérieux et armés d’une bonne volonté pour la mise en valeur des terres agricoles.

Le ministre chargé de l’Agriculture peut décider, sur la base d’un contrat programme définissant les obligations des investisseurs bénéficiaires, de l’attribution de parcelles de terres dans le cadre de concession, lorsque le projet présente un caractère innovant et d’importance nationale, contribuant à la satisfaction de la demande nationale de produits agricoles (céréales, fourrages, lait, etc.), s’inscrivant dans la substitution des importations, à la promotion des exportations des produits agricoles, du reste, à l’introduction de nouvelles technologies de production.

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