Le pétrole sauve la mise : Mais jusqu’à quand ?

Rescousse. Durant l’exercice 2018, les exportations des hydrocarbures ont permis à l’Algérie de mieux résister aux aléas d’une conjoncture économique morose, puisque ces dernières ont connu une hausse en valeur de 38,9 milliards de dollars, contre 33,2 milliards de dollars l’année écoulée, mais la situation demeure quand même entre « le marteau et l’enclume ».

Si la situation socioéconomique du pays demeure peu reluisante, ce n’est pas pour autant qu’il faut être alarmiste voire catastrophiste. Nonobstant le ralentissement voire le grippage du système économique du pays ces dernières années, les principaux indicateurs économiques n’ont pas tous migré vers le rouge, hormis la régression inquiétante des réserves de change.

Du reste, s'agissant particulièrement des réserves de change, la Banque centrale a indiqué dans un communiqué que celles-ci ont subi une contraction de l'ordre de 17,45 milliards dollars (mds USD), précisant qu'elles sont passées à 79,88 mds USD à fin décembre 2018, contre 97,33 mds USD à fin 2017. Ainsi, d’un pic de 194 mds USD en 2013, les réserves de change ont connu une chute vertigineuse pour atteindre les 79,88 mds USD à fin décembre 2018. Ce repli est « légèrement supérieur au déficit du solde global de la balance des paiements, en raison de l'effet de valorisation négative de près de 1,73 md USD, lié à la dépréciation de l'euro vis-à-vis du dollar entre décembre 2017 et décembre 2018 », a commenté la BC dans sa note de conjoncture pour le deuxième semestre 2018.

Malgré que durant l’exercice 2018 les exportations des hydrocarbures ont permis à l’Algérie de mieux résister aux aléas d’une conjoncture économique, nous allons dire, morose, puisque ces dernières ont connu une hausse en valeur de 38.9 milliards de dollars, contre 33.2 milliards de dollars l’année écoulée, la situation demeure quand même entre « le marteau et l’enclume ». Sur un autre volet, il faut bien reconnaître, quelque part, que si l'Algérie a tenu le coup face aux chocs économiques qu’elle est en train de traverser à ce jour, c’est aussi grâce à sa politique de remboursement par anticipation de sa dette extérieure, mise en place au cours de la dernière décennie.

Jusqu’à quand le pétrole sauvera-t-il la mise ?

A moins d’une remontée spectaculaire des cours du baril dans les prochains mois, les récentes prévisions sur les variations du prix de l’or noir sur le marché mondial ne prêtent guère à l’optimisme, paroles d’experts en la matière. Prisonnière d’une économie déséquilibrée axée exclusivement sur les hydrocarbures, l’Algérie est incapable de se libérer de ses rentrées en devises et de sa fiscalité pétrolière. Pis encore, elle mise dorénavant sur ses énormes réserves de gaz de schiste au lieu de se focaliser sur les stratégies de développement et les priorités de sorties de crises que les gouvernements successifs ont échoué à mettre en oeuvre.

Le fameux slogan colporté ici et là à chaque occasion par nos ministres : « Investir dans l’après-pétrole » n’est en réalité qu’une chimère. Sinon, comment expliquer que les premiers forages en offshore et gaz de schiste seront lancés en 2019, avait indiqué l’ex-patron du groupe Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, dans une interview accordée à Bloomberg. « Durant l’année 2019, nous allons lancer les premiers forages en offshore et d’autres en gaz de schiste », a-t-il déclaré au groupe de presse Bloomberg. « Nous sommes d’ailleurs en train d’explorer à l’est de l’Algérie, à Skikda, et à l’Ouest, au large de Mostaganem », a-t-il précisé, soulignant la volonté de son groupe d’exploiter toutes les sources d’énergie que recèle le pays, les énergies non conventionnelles y compris.

Si l’on comprend bien les desseins de l’ancien P.-dg de la première entreprise pétrolière africaine, l’exploitation et ensuite l’exportation des premiers volumes de gaz de schiste n’est plus qu’une question de quelques mois. Galvanisé par les déclarations très encourageantes du département américain de l'Énergie qui a estimé les réserves algériennes à 19.800 milliards de mètres cubes, soit cinq fois le volume des réserves prouvées de gaz naturel du pays (4.000 milliards de mètres cubes), l’Etat algérien ne tergiverse pas à se lancer dans l’exploitation de cette nouvelle ressource. En effet, la compagnie nationale a signé, en marge du sommet Algeria Energy Future, tenu les 29 et 30 octobre dernier, un contrat d’exploration et de développement, pour ne pas dire exploitation de ressources en gaz de schiste avec le groupe britannique BP et le norvégien Equinor (ex-Statoil). « A ce stade, ne serait-il pas plus réfléchi de s’intéresser beaucoup plus aux réformes structurelles de l’économie (industrie, agriculture, banques...) pour stimuler le marché du travail et résorber le phénomène du chômage », interrogent les analystes économiques. Autrement dit, le problème du gaz de schiste sera vraisemblablement une malédiction et non pas une bénédiction car il sera aussi fatal pour les futures générations comme le pétrole l’a été pour les Algériens de notre époque.

Malgré un marché très volatil...

Selon des statistiques publiées en mai dernier par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), la moyenne mensuelle des prix du Sahara Blend s’est établie à 71,15 dollars le baril en avril contre 66,38 dollars un mois auparavant, soit une hausse de 7,2%. La hausse du brut algérien intervient dans un contexte de rebond général des prix au marché pétrolier mondial. La moyenne du prix du panier de l’Opep a connu ainsi une hausse de 4,41 dollars en avril comparativement à celle de mars, pour atteindre 70,78 dollars le baril (+6,6%), son plus haut niveau en six mois.

Les cours du Sahara Blend, le brut de référence algérien, ont progressé de 4,77 dollars en avril, portés notamment par les inquiétudes sur une éventuelle perturbation de l’approvisionnement en pétrole suite aux nouveaux risques géopolitiques. Cette tendance haussière s’explique par l’inquiétude des marchés, alimentée essentiellement par les menaces géopolitiques dans les principales régions productrices de pétrole, selon la même source. Le rapport de l’Opep indique, par ailleurs, que la production de l’Algérie en avril dernier a atteint 1,019 million de barils/jour (Mbj), soit en léger repli de 4.000 Mbj comparativement à la production moyenne de mars dernier (1,023 Mbj).

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