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Flambée des prix : L’arme de contrôle enrayée !

Flambée des prix : L’arme de contrôle enrayée !

Rédigé par A. B. / Economie / jeudi, 15 avril 2021 02:22

Phénomène. C’est un rituel ! À l’approche du mois sacré de Ramadhan, qui est censé être le mois de la solidarité et de l’entraide, les prix des produits alimentaires connaissent une augmentation vertigineuse. Un phénomène qui est devenu insupportable et pour le citoyen lambda et pour l’Etat qui peine à stabiliser les prix.

Cette année encore, à l’instar des années précédentes d’ailleurs, rien n’a changé dans le comportement des citoyens, des commerçants et de l’Etat également qui ne cesse de rassurer les citoyens sur sa capacité à maîtriser le marché dans un discours doux qui résonne fortement dans les oreilles, mais le « ton » n’est en fin de compte que du « vent ». En effet, ces dernières semaines, on assiste à un phénomène peu étrange à la société, celui de la provocation de pénuries pour justifier l’augmentation des prix.

Si le mois de Ramadhan de l’année dernière était marqué par la crise de la farine, celui de cette année sera marqué par la pénurie de l’huile de table ; deux produits pourtant subventionnés par le Trésor public ! Ce qui laisse dire que les milliards que débourse l’Algérie chaque année dans la subvention directe et indirecte dont bénéficie les industriels et les agriculteurs ne sont en réalité qu’une forme de détournement bien légalisé des fonds publics. Sinon, comment explique-t-on la rareté de ces produits subventionnés par l’Etat sur le marché ? La question n’est au final qu’une interprétation de la réalité du marché algérien et les difficultés que rencontrent les pouvoirs publics dans la stabilisation des prix des produits et dans la satisfaction des besoins des citoyens en la matière durant cette période de l’année qu’est le mois sacré.

Une solution éphémère pour un problème durable !

Pour atténuer la colère des citoyens, le ministère du Commerce affirme avoir trouvé une solution « magique » pour résoudre la question de la cherté des prix. Il annonce l’installation des marchés de proximité durant le mois sacré pour garantir la disponibilité des produits à des prix raisonnables.

Désormais, pour le ministère du Commerce, la question de la stabilisation des prix n’est importante que durant une période spécifique de l’année qui coïncide avec le mois de Ramadhan. Pour le reste de l’année, les citoyens peuvent continuer à payer la facture salée de l’inefficacité du système de contrôle du marché instauré par les pouvoirs publics depuis bien des années.

Régulation du marché !

Que ce soit pour les produits alimentaires ou autres, le constat généralisé est que le marché échappe à tout contrôle en matière de fixation des prix, devant des pouvoirs publics absents, sinon impuissants. Certes, le mois sacré est le mois de la surconsommation pour les Algériens, mais la régulation du marché est une culture qui doit avoir un sens tout au long de l’année. Pour résoudre cette situation, les pouvoirs publics n’ont pas complètement les mains liées et peuvent trouver des mécanismes d’intervention pour éviter les dérapages.

Certes, l’offre et la demande sont les deux principaux facteurs de la détermination des prix, mais les pouvoirs publics peuvent intervenir pour fixer les règles du marché. Pour cela, les économistes suggèrent la baisse de la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que l’obligation de la vente à la facture pour garantir la traçabilité du produit. Pour l’instant, les services de contrôle du ministère du Commerce se contentent de rassurer les citoyens qui sont à la recherche d’une bouteille d’huile de table et d’un sachet de lait, et la misère continue.

Révision du système de subventions, l’ultime solution

Depuis quelques années, des voix expertes s’élèvent pour appeler le gouvernement à revoir sa politique de subventions. Des initiatives ont été lancées dans ce sens, mais qui n’ont toujours pas abouti. Aujourd’hui, à chaque augmentation des prix sur le marché, la question des subventions revient au-devant de la scène. Des spécialistes s’accordent à dire qu’il est nécessaire aujourd’hui de revoir le système adopté par le gouvernement pour que les couches les plus défavorisées tirent profit et de réduire les charges du Trésor public. Farine, huile, sucre, poudre de lait… des produits subventionnés par l’Etat mais les gros calibres de l’industrie de l’agroalimentaire et des produits laitiers tirent profit pour augmenter leur richesse sur le dos des démunis.

Il est également question des subventions indirectes accordées par l’Etat à l’agriculture et à l’importation de la matière première des produits considérés comme essentiels. Ces derniers pointent du doigt la nécessité d’opter pour un mode de soutien autre que celui en vigueur actuellement comme cela se fait dans certains pays où des indemnités sont accordées aux plus bas salaires pour permettre aux pères de famille d’acheter les produits à prix élevés.

En attendant le réveil des autorités publiques de leur « sommeil injuste », le citoyen continuera à payer la facture chèrement.

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