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Crises sanitaire et pétrolière : Une situation économique très difficile

Crises sanitaire et pétrolière : Une situation économique très difficile

Rédigé par Fayçal Abdelaziz / Economie / mercredi, 21 octobre 2020 05:15

Inquiétude. Avec une forte baisse des recettes pétrolières estimées à 25 milliards de dollars pour cette année, l’Algérie risque d’aller vers l’endettement et de procéder à des mesures extrêmes pour réguler la facture des importations et préserver la paix sociale.

Fragilisée déjà par la chute drastique des cours du pétrole qui avait commencé en décembre 2014, l’économie algérienne a subi de plein fouet la crise sanitaire de Covid-19 avec ses conséquences à tous les niveaux. La persistance de cette pandémie présage des lendemains incertains, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions palliatives à cette situation économique jugée très difficile.

En effet, l’économie algérienne traverse actuellement, à l’instar du reste des pays de la région, une grave crise engendrée par la pandémie de coronavirus. Les mesures draconiennes prises depuis mars dernier pour freiner la propagation du virus ont impacté la vie économique du pays, provoquant, notamment, des pertes colossales pour les entreprises, des licenciements de salariés, une dégradation du pouvoir d’achat, la dépréciation de la monnaie nationale et une baisse des revenus aussi bien de l’Etat que des opérateurs économiques.

Selon les données de l’Office national des statistiques (ONS), l’Algérie a enregistré une baisse du PIB de 3,9% au premier trimestre et un taux de chômage qui avait dépassé les 15% en juillet, contre 11,4% pour l’année 2019.

La production industrielle du secteur public a reculé, quant à elle, de 14,1% durant le 2e trimestre 2020 par rapport à la même période de 2019. Des baisses au niveau de toutes les activités ont été accusées, avec des chutes importantes pour certaines durant la période avril-juin 2020, marquée par la propagation de la pandémie de Covid-19. Dans le secteur énergétique, les pertes des compagnies nationales sont estimées à près de 125 milliards de dinars. Selon le ministre de l’Energie, les recettes de l’Etat issues des exportations des hydrocarbures ont diminué de près de 40% durant le 1e semestre 2020 par rapport à la même période de l’année 2019.

Un milliard d’euros de pertes pour les entreprises publiques

Certains secteurs comme les services et le fret sont quasiment à l’arrêt, alors que d’autres ont vu leur activité ralentir, à l’exemple du secteur de la construction. Le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a évalué à près de 1 milliard d’euros les pertes des entreprises publiques en raison de la crise sanitaire.

« L’Algérie fait face à une situation économique difficile et inédite en raison de plusieurs facteurs : la crise structurelle héritée de l’ère Bouteflika, la chute des cours des hydrocarbures et, enfin, la crise de coronavirus », a souligné le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, lors d’une rencontre gouvernement- walis tenue en août dernier.

Selon des prévisions du Fonds monétaire international (FMI), l’Algérie devrait connaître en 2020 une récession (- 5,2%) et un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la région.

Le niveau des réserves de change qui constituait jusque-là le seul moyen de faire face à la crise pétrolière depuis 2014 devrait reculer plus fortement que prévu d’ici à la fin 2020, pour atteindre 37,21 milliards d’euros, contre près de 200 milliards de dollars en décembre 2014. Avec une forte baisse des recettes pétrolières estimées à 25 milliards de dollars pour cette année, l’Algérie risque d’aller vers l’endettement et de procéder à des mesures extrêmes pour réguler la facture des importations et préserver la paix sociale.

Préserver les réserves de change

C’est dans cette optique que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait instruit, lors d’une récente réunion, le ministère des Finances pour que tout engagement financier dans l’importation et toute transaction en devises soient soumis à l’approbation préalable du Conseil du gouvernement en vue de préserver les réserves de change. Cette mesure illustre parfaitement l’inquiétude des autorités du pays quant au devenir de l’économie nationale dans le cas de l’épuisement des réserves de change. Cette perspective n’est pas à écarter étant donné la baisse des recettes pétrolières, seule ressource en devise, et la morosité qui règne à l’échelle internationale impactant le marché pétrolier.

Des économistes n’écartent pas des scénarios d’aggravation de la situation économique de l’Algérie durant les prochaines années, prévoyant un retour à l’endettement extérieur et aux cycles des privatisations des entreprises publiques, ainsi que la réduction de manière substantielle des dépenses publiques et du poids de l’Etat à tous les niveaux.

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