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Secteur énergétique en Algérie : Les défis du gouvernement

Secteur énergétique en Algérie : Les défis du gouvernement

Rédigé par R. A. / Energie / mercredi, 11 mars 2020 07:44

Redynamisation. Dans le chapitre du renouveau économique, la transition énergétique occupe une place importante dans le programme du gouvernement qui vise, outre l’intensification des efforts de prospection et de production des hydrocarbures, la diversification des sources énergétiques à travers le développement des énergies renouvelables et la promotion de l’efficacité énergétique.

La nouvelle donne économique et financière de notre pays a finalement provoqué un éveil des consciences de nos décideurs, suite à la faillite des équilibres budgétaires et de trésoreries, en raison d’un net recul des recettes fiscales, dû principalement à la chute tendancielle des cours pétroliers et la régression de la fiscalité pétrolière, dont les recettes sont passées de 4.054,349 mds DA en 2012 à 2.666,9 mds DA en 2019. Dans le but de redynamiser le secteur des hydrocarbures, l’Algérie a jugé indispensable de revoir les règlements qui régissent les hydrocarbures. Pour ce faire, la nouvelle Loi de 2019 sur les hydrocarbures, qui compte une batterie de 239 articles, détermine dans son article 1er les principes fondamentaux de cette dernière : le régime juridique applicable aux activités d’hydrocarbures, le cadre institutionnel encadrant l’exercice des activités d’hydrocarbures, le régime fiscal applicable aux activités amont et les droits et obligations des personnes exerçant les activités d’hydrocarbures.

Quid de la transition énergétique

Cependant, le Plan d’action du gouvernement a réservé un intérêt particulier à la transition énergétique. Ainsi, dans le chapitre du renouveau économique, la transition énergétique occupe une place importante dans le programme du gouvernement qui vise, outre l’intensification des efforts de prospection et de production des hydrocarbures, la diversification des sources énergétiques à travers le développement des énergies renouvelables et la promotion de l’efficacité énergétique.

Cette transition devrait permettre à notre pays de s’affranchir de manière progressive de la dépendance vis-à-vis des ressources conventionnelles et d’amorcer une dynamique d’émergence d’une énergie verte et durable qui s’appuie sur la mise en valeur des ressources d’énergie inépuisables. Cette démarche s’articule sur les considérations suivantes :
- la préservation des ressources fossiles et leur valorisation ;
- le changement du modèle énergétique de production et de consommation ;
- le développement durable et la protection de l’environnement ;
- la maîtrise des coûts de réalisation des installations des énergies renouvelables.

Au titre du développement des énergies renouvelables, tenant compte du potentiel existant et des capacités d’absorption de notre réseau national de transport et de distribution de l’énergie électrique et de l’énergie d’origine renouvelable, un programme adapté de développement des énergies renouvelables d’une capacité de 15.000 MW à l’horizon 2035, dont 4.000 MW d’ici 2024, sera mis en oeuvre.

La réalisation de ces capacités permettra non seulement d’économiser près de 240 milliards de m3 de gaz naturel et d’éviter ainsi l’émission de 200 millions de tonnes de CO², mais aussi le développement effectif d’un tissu de PME sur l’ensemble de la chaîne de valeur des composants dédiés aux énergies renouvelables. L’hybridation de la production de l’électricité de source conventionnelle au niveau du sud du pays, par la production photovoltaïque, constitue pour le gouvernement une action prioritaire dans ce domaine. Aussi, la mise à niveau de la réglementation d’encouragement de la production d’électricité à partir de sources renouvelables afin d’y intégrer des mécanismes adaptés à l’autoproduction par les résidentiels sera rapidement mise en oeuvre.

Au titre de la politique d’efficacité énergétique, les mesures fortes que le gouvernement envisage de mettre en oeuvre en matière d’efficacité énergétique permettront de réduire drastiquement le gaspillage et de préserver les ressources énergétiques du pays. Cette démarche, qui sera encouragée dans les différents secteurs d’activité, sera axée sur les mesures suivantes : - la généralisation des procédés d’isolation thermique dans les nouvelles constructions ; - la mise en place d’un programme national pour la conversion des véhicules au GPLc et le développement du GNC pour les véhicules de transport collectif ; - l’équipement du réseau d’éclairage public et des administrations publiques avec des dispositifs à basse consommation ; - la mise en place d’un cadre réglementaire prohibant l’importation et la production d’équipements énergivores ; - l’élargissement du dispositif incitatif à l’investissement aux filières permettant la localisation de l’activité de production d’équipements et de composants dédiés à l’efficacité énergétique.

Ces mesures constituent une réponse appropriée au défi de conservation de l’énergie avec toutes ses implications bénéfiques sur l’économie nationale en termes de création d’emplois et de richesses, en plus de la préservation de l’environnement.

En matière d’hydrocarbures, parallèlement aux efforts de diversification de l’économie nationale dans le cadre du projet de renouveau économique, le gouvernement s’attèlera, dans le domaine des hydrocarbures, à assurer la couverture des besoins nationaux, la sécurité de l’approvisionnement ainsi que le pourvoi de l’économie nationale en ressources financières.

Ces impératifs passent par : - l’intensification de l’effort de recherche et d’exploration, y compris dans les zones Offshore et le nord du pays, pour mettre en évidence de nouvelles réserves d’hydrocarbures ; - l’optimisation de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures par l’utilisation de méthodes de récupération assistée tout en garantissant la conservation des gisements ; - le renforcement des capacités de production.

Par ailleurs, un programme de valorisation des hydrocarbures est retenu par le gouvernement, afin d’asseoir une industrie pétrochimique et de raffinage et ce, à travers : - le lancement de projets intégrés à forte valeur ajoutée, tels que le vapocraquage d'éthane pour la fabrication des polymères et produits dérivés ; - le développement d’une industrie de transformation des phosphates ; - l’augmentation des capacités de raffinage pour satisfaire la demande nationale en produits pétroliers. Par ailleurs, l’approvisionnement continu du marché national en produits pétroliers sera assuré à travers l’augmentation des capacités de stockage de carburants à 30 jours contre 12 jours actuellement.

S’agissant des hydrocarbures non conventionnels, le gouvernement, tout en intensifiant les efforts d’identification du potentiel que recèle notre sous-sol, engagera les études appropriées sur l’impact de l’exploitation de cette richesse au plan économique, social et environnemental, en veillant à ce que toute exploitation envisagée préserve la santé du citoyen, les écosystèmes et, en particulier, les ressources hydriques. Pour conclure, l’Algérie jouit d’un potentiel immense tant en ressources humaines que naturelles, toutefois, l’objectif visé par le gouvernement ne peut se réaliser qu’à la condition sine quo non que l’on place avant tout l’intérêt du pays au-dessus de toute autre motivation, surtout matérielle.

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