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Les 100 premiers jours du président : Des « circonstances atténuantes »

Les 100 premiers jours du président : Des « circonstances atténuantes »

Rédigé par R. A. / Actualités / dimanche, 12 avril 2020 14:59

Exceptionnel. L'urgence créée par la pandémie et ses impacts sur la vie de tout un pays a sérieusement faussé tous les calculs et les projections du plan de travail du staff gouvernemental, obligeant tous les responsables à tous les niveaux à se mettre en stand-by pour répondre à toute éventualité pour faire face à la crise sanitaire.

C’est dans un contexte politico-social pour le moins exceptionnel que le nouveau président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a pris officiellement ses fonctions le jeudi 19 décembre 2019 en prêtant serment, après s’en être sorti vainqueur des élections présidentielles du 12 décembre, totalisant 58,13% des voix exprimées, sachant que le taux de participation au scrutin n'était que de 41%. Dès l’entame de son mandat, Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, ancien Enarque qui a déjà occupé le poste de Premier ministre en 2017, devra user de toute son expérience professionnelle acquise dans les arcannes de l’administration algérienne pour imposer un nouveau système de gouvernance, en remplacement de l’ancien très décrié par le peuple ces dernières décennies.

L’homme qui a déjà bouclé ses 100 jours à la tête de l’Etat algérien, et comme le veut la tradition concernant spécialement cette période symbolique de pouvoir, un premier bilan de son labeur s’impose malgré que ce dernier est loin de refléter véritablement les résultats de ses nombreuses promesses de sa campagne électorale, car entre la parole et les actes, il y a tout un monde.

Certes, le nouveau président de la République s’est dit garant, lors de sa première conférence de presse, le vendredi 13 décembre à Alger, de la concrétisation de tous les engagements qu’il avait annoncés en grande pompe à la population avant d’être intronisé chef de l’Etat. Révision en profondeur de la Constitution, ouverture d’un dialogue avec le Hirak, un Etat assaini des corrompus et des corrupteurs avec la poursuite du combat contre la bande et ses relais quel que soit l’endroit où ils se trouvent, séparation entre l’argent et la politique, rupture définitive avec les anciennes pratiques, protéger et défendre les droits des femmes qu’elles travaillent ou qu’elles soient au foyer, faire redémarrer la machine industrielle, pour ne citer que ces quelques points de son programme de travail. Bref, tourner la page du passé et ouvrir celle de la nouvelle République avec tous les Algériennes et les Algériens quels que soient leur couleur politique ou leur rang social. Un travail de titan.

Cependant, faire revenir un pays à bon port n’est pas de tout repos. Cela étant dit, il faut garder à l’esprit que la prise de fonction de Tebboune a, hélas, coïncidé avec une période caractérisée par un concours de circonstances très fâcheux, à savoir la dégringolade des prix de l’or noir conjuguée à l’avènement de la pandémie de coronavirus, et ce n’est pas rien.

Cet état de faits n’a pas manqué d’exacerber les inquiétudes du président des Algériens tant sur le plan économique que sanitaire. Cette situation très défavorable a mis en mauvaise posture Tebboune qui doit gérer des dossiers aussi chauds que compliqués, sachant que ces conditions sont néfastes pour tout décideur et non pas propres à l’Algérie. Il est admis par les observateurs de l’économie mondiale que l'économie mondiale est désormais entrée de plain pied dans une récession, conséquence de la pandémie de coronavirus qui se propage dans le monde, comme annoncé récemment par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva.

Du coup, exceptionnel. L'urgence créée par la pandémie et ses impacts sur la vie de tout un pays a sérieusement faussé tous les calculs et les projections du plan de travail du staff gouvernemental, obligeant tous les responsables à tous les niveaux à se mettre en stand-by pour répondre à toute éventualité pour faire face à la crise sanitaire.

De toute évidence, le projet du plan d’action du gouvernement pour la mise en oeuvre du programme du président de la République prendra le temps qu’il faudra pour que les premiers fruits soient visibles sur le terrain. En attendant, l’espoir est permis. Aucunement, il ne faut préjuger de la performance d’un programme encore très récent, qui, faut-il le reconnaître, se trouve au stade de la mise en place des dispositifs réglementaire et budgétaire. Aussi, il serait illogique d’anticiper le cours des événements et de prendre un jugement à l’emporte-pièce.

Du reste, il faut rappeler que le président de la République avait promis d’améliorer le pouvoir d’achat des Algériens, et bien toute chose a un début, puisque près de 2 millions de retraités vont bénéficier de la nouvelle mesure du gouvernement qui consiste en la suppression de l’impôt sur le revenu global. Selon les statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, ils sont 1.980.000 retraités à percevoir une pension de moins de 30.000 DA par mois. Ce chiffre représente plus de 60% des retraités algériens dont la plupart sont chefs de ménage.

Autre mesure en faveur de la population concerne les charges de l’électricité, du gaz et de l’eau dont aucune augmentation des factures n’est prévue dans le texte de la prochaine Loi de finances complémentaire. Des promesses de campagne réalisées en attendant d’autres.

Pour l’instant, l’heure est à l’accélération des mesures où tout un chacun est placé en ordre de bataille pour organiser une riposte efficace et déterminante. La gestion d’une pandémie d’une telle ampleur par le gouvernement algérien est au coeur des débats ces dernières semaines. Les autorités ont mis en place une stratégie pour réduire l’impact du coronavirus et sur la santé publique et sur l’économie en général. N’est-ce pas là une preuve de la prise en charge des revendications quand bien même légitimes du peuple algérien ?

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